02 août, 2015

Partir… Le désir de migration chez les jeunes …

La migration irrégulière est un sujet d’actualité de par le monde et surtout en Tunisie.
En effet, la Tunisie est devenue un pays de destination et de transit à part son positionnement comme pays de départ des flux migratoires.
Il est crucial de rappeler que l’émigration est un processus mondial qui incarne le droit à la liberté du mouvement. Ce processus est multiple et dans le contexte tunisien il oscille en effet entre et l’épique et le dramatique. 
Ce phénomène social ne doit pas être perçue comme un processus négatif puisqu’il est également porteur d’espoir et générateur de rêve de renaissance.

L’émigration régulière dans le contexte tunisien vise généralement l’emploi ou le regroupement familial. Ce type de migration est bénéfique pour les pays et les personnes. Sur le plan mondial, cette migration permet de répondre aux besoins du marché du travail ; la valeur ajoutée de la migration à l’économie mondiale est de 3 billions de dollars annuellement. Les pays hôtes profitent d’une main d’œuvre jeune à compétences multiples qui en plus participe nécessairement l’activation de  l’économie des pays hôtes via les services demandés par cette population et les taxes payés. En contrepartie, les migrants arrivent en général à améliorer leur situation  sociale via l’amélioration de leur situation économique qui se fait par le truchement d’une stabilisation professionnelle avec parfois des perspectives intéressantes. Ces mêmes migrants qui arrivent à envoyer de l’argent à leurs familles se situant dans le pays de départ, permettent l’amélioration de la situation familiale : les rémittences partent en général directement dans les poches des familles. En effet, la migration pourrait être un outil de développement à cause des transferts d’argent, de technologies et même de valeurs.
Le deuxième type d’émigration est moins contrôlable car c’est une migration irrégulière, cette dernière se présente actuellement sous plusieurs aspects :
1-La migration irrégulière par des moyens communs vers des pays développés, il s’agit d’un voyage qui se passe normalement avec l’intention cachée de ne plus revenir en Tunisie, dans ce genre de migration, la personne fait un dépassement de séjour et essaye de se fondre dans la masse pour chercher un hébergement, du travail, … parfois « perd » intentionnellement ses papiers d’identification…
2- La migration irrégulière via les bateaux en mer vers les pays développés qui reste le type de migration le plus dangereux et le plus meurtrier;
3- La migration irrégulière/ clandestine visant le « djihad » ;
4-La migration irrégulière/clandestine vers le marché de travail offert par  les sectes ou organismes extrémistes telles que DAECH actuellement. Il est important de noter que ceux qui partent ne le font pas nécessairement pour des raisons d’excès de zèle religieux  ou d’engagement terroriste. Ces agglomérations humaines impliquent des échanges commerciaux de tous types qui peuvent être très lucratifs dans ce contexte politique avec des avantages dus au monopole quasi systématique de certains services.
Détaillons un peu plus ce type de migration vers des sectes extrémistes ; il s’agit d’un phénomène ancien, présent également dans les autres religions et /ou courants de philosophie sectaire ; ces « organisations » recrutent continuellement de nouvelles personnes, auxquelles ils offrent un système identitaire avec un passage par de multiples étapes qui visent l’ascension au sein de la communauté qui devient une unité : la personne n’existe plus comme entité sociale mais fait partie et représente quelque chose de plus grand, de plus vaste : un groupe, une organisation, une population, une « Omma ». Ces personnes devenus « sujets », adhérent à un système de morale unifié, à un  fonctionnement conformiste qui nient la singularité ou la différence au profit de la discipline porteuse d’un sentiment d’égalité et de justice. Ces agglomérations sectaires proposent un « objectif » commun qui anile les aspirations personnelles au profit du « bien commun ».   
Il existe de multiples réseaux de recrutement des jeunes; ces réseaux visent les jeunes et adolescents psychologiquement fragiles, expérimentant une crise identitaire, noyés dans un sentiment d’accablement pour des raisons multiples que nous allons détailler par la suite.
Ces réseaux de recrutement existent sur internet surtout via Facebook et les autres réseaux sociaux mais également au niveau des prisons pour les jeunes qui sont emprisonnés pour délits mineurs, dans les quartiers populaires, dans les mosquées, au niveau des universités… Cette liste n’étant pas exhaustive.
Ce nouveau type de migration pose un problème sécuritaire. Il s’agit en effet, d’un défi à surmonter à l’échelle du monde en général et du pays en particulier. Cette situation ne peut être dépassée si la problématique  n’est pas traitée de façon holistique. En effet,  il faut traiter les vraies causes de cette fuite vers ce comportement suicidaire basé sur le déni, le rejet des conditions vécues et l’aspiration à un « meilleur, ailleurs » quelques soient les risques encourus.
Il s’agit d’une question qui touche tout le monde : gouvernement, société civile et individus, à laquelle nous devons essayer de trouver une réponse, la responsabilité est partagée et la réflexion doit être approfondie afin d’arriver à des solutions réalistes et efficaces puisque le changement de valeur chez les jeunes est le résultat direct de la conjoncture socio-politico-économique ou ils se trouvent et qui les impactes négativement.

Dans ce contexte et pour être méthodique, il faut de prime abord, procéder à un état des lieux : Qui sont ces jeunes ? A quels problèmes font-ils face ? Quel est leur avis ou sentiment par rapport à leur vécu ? Quelles sont leurs aspirations ?
La Jeunesse a un poids démographique important, en effet, du fait de la transition démographique et de la baisse de la fécondité, le pourcentage des jeunes a augmenté et cette tendance se verra affirmée et amplifiée  jusqu’en 2025.
Cette floraison de la population tunisienne ne doit pas être perçue négativement ; il s’agit du dividende démographique et la Tunisie n’aura que peu de temps pour profiter de ce bonus en mettant en place des politiques visant l’amélioration des compétences des jeunes  pour un adaptation au marché du travail, aux technologies récentes, à la mondialisation et pour assurer un transfert entre les générations.
Entre cette cible et la réalité, il existe un grand écart puisque les jeunes souffrent d’un taux de chômage élevé entravant leur insertion dans le tissu économique. En effet, le pays comptait 241000 diplômes chômeurs en 2014 versus 125000 en  2009 ; le nombre de chômeurs a donc, carrément doublé dans un intervalle de 5 ans.
Le  chômage des diplômés pose un problème encore plus coriace avec des différences larges entre les genres puisque 20.9% des chômeurs diplômés sont des hommes et que plus que le double (43.5%) sont des femmes.
Ces jeunes chômeurs ont un accès très faible au système bancaire, qui ne leur permet pas de profiter des opportunités d’investissement et/ou création de petits projets. En effet, 3.4% des jeunes seulement ont eu des contacts avec les banques pour le développement d’un projet.
Ces jeunes restent dépendants financièrement de leurs parents, ce qui implique une modification de  la relation Parent - Jeune - Adolescent, qui désormais oscille entre rébellion et soumission. Ce fait peut être expliqué par la limitation de la liberté d’action et de mouvement des jeunes pour des raisons pécuniaires. Cette privation est plus amplifiée chez les jeunes filles sujettes au conservatisme et aux préjugés sociaux. Elles cherchent des solutions à cette castration, ces dernières doivent être socialement acceptées et sont parfois imposées. La solution « magique »  se résume en un mot : mariage.
Les retombées de cette dépendance financière sur les jeunes hommes ne leur permettent pas de se marier. Ils endurent également le célibat prolongé qui est une résultante directe du manque d’autonomie des jeunes par rapport à leurs parents en raison de leur situation sociale et économique.
Il s’agit en effet d’un cercle vicieux dont toutes les composantes soumettent des pressions sur les jeunes qui se questionnent, se sentent coupables vis-à-vis de leurs parents pour qui ils représentent une charge et ne voient pas le bout du tunnel.
Cet état de dépression peut conduire à des pseudo solutions de plein désespoir dont l’abondan scolaire, le banditisme,  la criminalité, les addictions (usages de drogues multiples, alcoolisme…), le suicide, mais également l’immigration irrégulière qui dans ce contexte et malgré les dangers qu’elle implique semble être la plus constructive puisqu’elle est porteuse d’un espoir de recommencer et se bâtir dans un ailleurs « idéal ».
L’un des prémisses de ce désarroi reste l’abondan scolaire, en effet, on compte en Tunisie une déperdition scolaire importante, les études rapportent des chiffres autour de 100 000  abondons scolaire/an ; ce qui devrait être alarmant, car le nombre de bacheliers est également autours de 100 000 réussites/ ans. Ainsi le système éducatif tunisien n’arrive à retenir que la moitié des élèves.  
Une grande interrogation doit être émise : Pourquoi ces jeunes quittent et comment réussir malgré le système scolaire ?
Le système éducatif ne répond plus aux aspirations des jeunes, notamment dans sa fonction d’ascenseur social.  Le pourcentage des jeunes (15 à 25 ans) qui ne sont pas scolarisés, qui ne travaillent pas et ne suivent pas une formation est très élevé avec des disparités entre le milieu urbain et le milieu rural: en milieu rural 46,5% des garçons et  81.5% des filles n’ont aucune activité visant la formation et en milieu urbain 34.6%  des garçons et 60.2%  des filles sont également aux abois.
Le contenu de l’enseignement n’est pas attractif pour les jeunes et ne leur permet ni d’utiliser leur potentiel ni de leur offrir les opportunités qui correspondent à leurs aspirations et talents. Les programmes de formation professionnelle existent mais restent limités et nécessitent une mise à jour pour être plus attractifs pour les jeunes et mettre en valeur leurs talents.
Le non accès à l’éducation ne signifie pas la non utilisation des technologies de communication puisque 1/3 des jeunes utilisent l’internet. Ils sont connectés pour suivre les informations, communiquer, chercher un travail, travailler...
Il est important de noter que sur les 4.6 millions de tunisiens utilisant le « Facebook », 68% sont âgés entre 15 et 29 ans.
Ces incursions dans un monde virtuel, ne font qu’augmenter la déchirure entre leurs aspirations et la réalité de leur situation. Ce monde virtuel incontrôlable est également une source de contacts, d’informations et peut être à la base d’intégration de mouvements sociaux, politiques, religieux, sectaires…
            En somme, nos jeunes sont tiraillés entre une réalité qui pourrait être insoutenables pour certains et des aspirations semblant irréalisables. Ces jeunes « Sisyphies » commencent à baisser les bras et perdent confiance ; l’épuisement intellectuel les poussent à l’isolement à cause de la crainte d’être déçu. D’ailleurs, l’étude faite par la Banque Mondiale en 2012 montre bien que le niveau de confiance des jeunes dans ce les entoures comme institutions  est très bas : plus que 80% des jeunes n’ont pas confiance dans les politiciens, prés de 60% des jeunes n’ont pas confiance dans la police, 70% des jeunes n’ont pas confiance dans la presse, 50% n’ont pas confiance dans les écoles et pire, 50% n’ont pas confiance dans le Pays…


Cette confiance perdue, sera-t-elle un jour regagnée ?
Il ne s’agit pas d’une crainte insensée, il s’agit bien, de faits réels qui poussent les jeunes à être réticents et à ne plus avoir envie de s’impliquer. L’ailleurs est porteur d’espoir, cet ailleurs inconnu semble plus digne de confiance…
Il existe en effet, une absence de politiques de  développement  centrées sur les jeunes ; ceci accentue leur exclusion sociale et économique et renforce leur désespoir.
Actuellement la Législation tunisienne accorde beaucoup d’importance aux jeunes ;
L’Article 8 de la Constitution Tunisienne déclare que « La jeunesse est une force agissante au service de la construction de la Nation et que L’Etat veille à fournir les conditions permettant aux jeunes de développer leurs capacités, d’épanouir leur énergie, d’assumer leurs responsabilités et d’élargir leur participation au développement social, économique, culturel et politique. »
L’Article 47 de la Constitution Tunisienne assure le Droit à l’éducation « Les droits à la dignité, à la santé, aux soins, à l’éducation et à l’enseignement sont garantis à l’enfant vis-à-vis de ses parents et de l’État. »
Cet engagement de l’état tunisien est plus prononcé dans l’Article 139 qui assure : « Les collectivités locales adoptent les mécanismes de la démocratie participative et les principes de la gouvernance ouverte afin de garantir la plus large participation des citoyens et de la société civile à la préparation de projets de développement et d’aménagement du  territoire et le suivi de leur exécution, conformément à la loi. »
Il est temps d’honorer ces engagements et d’entamer un travail de fond pour que ces textes de loi ne restent pas de l’encre écrit sur un papier.
Finalement, je tiens à rappeler qu’une migration organisée peut apporter un bénéfice notable aux personnes et aux pays; cette dernière ne peut se faire que dans le respect des droits humains fondamentaux. L’accès à une protection sociale et juridique adaptée dans le pays d’origine permet de garantir que la migration soit un choix et non une nécessité (OIM, 2010).

Alors, partir? Peut-être pas…






08 mai, 2012

La toxicomanie en Tunisie


La toxicomanie a été un sujet tabou durant les dernières années, la politique Ben Aliiste a toujours voulu donner la fausse image d’un havre de paix, d’une cité parfaite ou les affres de l’humanité seraient infimes…
Personne ne pouvait discuter du sujet qui était clos d’office : on n’a pas de toxicomanie comme on n’a pas de SDF non plus !
On a longtemps voulu cacher le soleil derrière les épais rideaux d’un gouvernement paternaliste défaillant car corrompu ;
A l’aube de la révolution, nous avons découvert être gouverné par un roi toxicomane dont les rejetons tenaient les rennes du commerce de stupéfiants en Tunisie : la chat régnait sur les souris…
Nous avons entamé une petite recherche à propos de la question , nous allons donc commencer par un état des lieux concernant la situation en général et les spécificités en Tunisie ;
Une mise au point médicale s’impose pour lever certaines litiges : En dehors du fait que les toxicomanes sont des personnes marginales et marginalisées, qui sont pour la plupart, des cas sociaux souffrant de problèmes familiaux à type d’éclatement du noyau familial, de pauvreté, d’illettrisme ; il est important de savoir qu’un toxicomane est une personne malade : ces sujets présentent une tendance innée à l’addiction ; d’ailleurs, une étude a été faite aux USA sur un nombre important de toxicomanes, l’étude radio-dynamique du cerveau a montré l’existence d’une zone hyperactive (hypersignal) chez les toxicomanes n’existant pas chez les sujets sains, cet échantillon a été accompagné au cours du périple du traitement ; l’imagerie de contrôle avait montré la persistance de l’activité de cette zone chez les anciens toxicomanes guéris lors de l’évocation visuelle ou auditive de n’importe quel instrument en relation avec la drogue.
La tendance à la toxicomanie semble donc être due à des facteurs intrinsèques, presque en dehors de la volonté de la personne ; ce terrain « addictif » pourrait même être génétiquement codifié…
En dehors de ceci,  les produits utilisés sont à tropisme nerveux et donnent des effets indésirables à type de pathologies psychiatriques : on connait la schizophrénie induite par le cannabis,  avec une tendance notable aux dépressions graves avec tentatives de suicide.
En second lieu , la toxicomanie par utilisation de produits injectables reste la cause la plus importante de transmission des virus du SIDA et de l’hépatite C, ceci étant du à l’utilisation d’une seringue commune et à la méthode d’injection : le cas de figure le plus fréquent dans notre pays est l’injection de Subutex, nommé par les adeptes «Sobutex » : le patient utilise une cuillère pour réduire le comprimé en poudre, dépose cette dernière au fond se la cuillère, y rajoute de l’eau pour diluer le tout ; pose aux meilleurs des cas, un coton pour filtrer les grosses particule à travers du quel il filtre le substrat qu’il prélève dans une seringue d’insuline ; il utilise une ceinture comme garrot, repère une veine, retire du sang pour être sur d’être bien dans le vaisseau puis injecte le produit.
Au fur et à mesure, le patient altère son capital veineux, ses vaisseaux ne sont plus aussi abordables, il y en a qui arrivent même à s’injecter au niveau du pénis…
Cette méthode archaïque de filtrage à travers un coton, ne permet pas une injection saine, parfois, on observe des thromboses veineuses dues à un défaut de technique ; mis à part le fait que la non disponibilité des seringues réduisant un groupe à l’utilisation pour une durée parfois assez longues (quelques mois) d’une seringue commune, augmentant ainsi le risque de transmission virale, le microorganisme étant bien protégé à l’intérieur de ce milieu clos, on rencontre plus fréquemment l’infection HIV et l’hépatite C.
Il faut insister qu’en Tunisie, on compte 870 milles cas d’hépatite C, la prise en charge de cette pathologie est très couteuse et non disponible sauf pour les sujets jouissant d’une sécurité sociale ; on compte donc en moyenne 8 décès par semaine chez les utilisateurs de drogues intraveineuses dont 5 par over dose te 3 par hépatite C ;
Une personne intoxiquée doit en même temps prendre d’autres molécules afin de la calmer ou pour induire le sommeil : on observe donc une utilisation de façon synchrone du Temesta, de l’équanil associée à une consommation notable d’alcool.
Nous avons cherché à connaître les drogues circulant sur le grand Tunis : Le SUBUTEX en premier lieu, qui se trouve sous forme de comprimés, à la base ce traitement est supposé aider le sevrage des héroïnomanes, mais son utilisation a dévié, il est vendu 1 comprimé à 20 dinars… par ailleurs, l’héroïne, qui se vent en général en petite quantité 50 mg à 180 dinars assurant une consommation de 48h ; l’Extasy également disponible 1 comprimé étant à 30 dinars ; le temesta est vendu le ¼ de comprimé entre 3 et 4 dinars…
Ce fléau touche excessivement les quartiers de renommée CHIC sur le grand Tunis : Menzah, Manar , Nasr ou des jeunes et moins jeunes se shootent à l’héroïne ; on y retrouve des cadres : juges, banquier…
L’enquête a montré que certains cafés drainent plus que d’autres les toxicomanes.
Il existe des medecins qualifiés en toxicologie qui prennent en charge toute personne désireuse d’arrêter, le traitement des héroïnomanes par exemple coute 200 dinars et dure 14 jours, par ailleurs, pour les personnes moins fortunées, il existait un centre de désintoxication à Sfax :   Jbal el West qui prenait en charge les malades au cours de l’ancien régime ;
Ce centre a cessé de travailler au cours de la révolution pour causes pécuniaires et le nouveau gouvernement allait continuer dans le déni en proposant la métamorphose du centre en un complexe sportif ; ce fût suite à de longues négociations que le ministre de la santé a accepté de garder les mêmes fonctions du centre.
La prise en charge des toxicomanes en Tunisie dépend littéralement du fond mondial, le ministère de la santé et le gouvernement en général est démissionnaire ;
La résolution du problème a toujours été faite par le truchement du ministère de l’intérieur : toute personne détenant une seringue est passible d’un emprisonnement d’un an ! (le problème se pose surtout chez les diabétiques qui utilisent le même model de seringues)
Actuellement, malgré la création d’ONG pour prendre en charge les toxicomanes en Tunisie, l’accès y reste difficile car une peur et une méfiance tout à fait placées règnent, les malades ont peur d’être poursuivis et incarcéré ; Abdesslam, toxicomane en cours de cure dit : «   برشة عباد خايفة وما تحبش تجي  » ;
A noter qu’en dehors de cette ONG, aucune institution gouvernementale ne s’en occupe, l’approche reste dissuasive et violente.
Mr Hichem, membre actif, dit : « pour eux c’est une opération de plus pour un grade de plus !» effectivement, l’association trouve beaucoup de mal à mettre au jour ses activités : ils assurent la distribution de seringues stériles en échange des souillées pour assurer une injection saine, par la suite, et c’est la clef de voute de leur travail, ils offrent des soins à toute personne désireuse de se faire soigner, il s’agit d’une sorte de contrat moral, le malade se présente au local de l’association et y reste pendant toute la journée, l’association lui offre l’alimentation, des formations, des loisirs et même une prise en charge psychologique , bref, tout ce que l’état ne dispense pas ; le cap aigu étant dépassé, le patient deviendra éducateur père, membre de l’association et pourra bénéficier d’un salaire ;
L’association CHAMS, prend en charge depuis un an, des toxicomanes devant la démission et le déni de l’état de cette partie de citoyens qui récence  un nombre important , qui de plus en est, est en extension.
La toxicomanie en Tunisie est un réel problème au quel il faut faire face.
A bon lecteur, salut.


16 septembre, 2010

Avortement : le dilemme

L’avortement reste un sujet d’actualité malgré les efforts de banalisation; entre « haram » et illégal, les tergiversations abondent et les avis différent…

La législation tunisienne individualise deux sortes d’avortement :

L’interruption volontaire de grossesse et l’interruption thérapeutique de grossesse ;

La première bien que très ambigüe reste régie par une loi très stricte et assez connue par le grand public: entre durée limite de gestation, modalités, locaux… elle mime en grande partie la législation française et elle est même plus souple par points, même si ceci étonne bon nombre de personnes ;

La deuxième, bien qu’elle semble plus défendable, reste très discutable puisque plusieurs aspects sont flous, que les procédures et les décisions sont par moments, aléatoires et imprécises.

Ce billet traitera de l’interruption de la grossesse sur décision « médicale », il se veut médicolégal et areligieux ;

Mettre fin à une grossesse peut être proposé par le médecin si cette dernière met en danger la vie de la mère, du fœtus ou des deux en même temps, elle peut également avoir lieu si le fœtus est porteur d’une pathologie très grave connue incurable ou d’une malformation ou aberration chromosomique importante .

Jusque là tout semble très logique : un truisme même ;

La vérité est toute autre !

Une première problématique se pose :

Quelles sont les maladies « incurables » ? Qu’est ce qu’une maladie grave ? Qui est à même de décider de la « gravité » ou de la « curabilité » d’une maladie ? Qui peut prévoir avec une certitude sans failles l’aboutissement d’une grossesse ?

On ne cherche nullement à démolir la confiance qu’ont les malades en leurs médecins ou en la médecine en général, mais quelques faits doivent être annoncés, pour plus de transparence;

Il ya plusieurs moyens de détecter d’éventuelles maladies ou dysmorphies chez un fœtus tels: L’échographie morphologique n’est pas sure à 100% puisque c’est un examen qui a ses limites qui est également opérateur dépendant, le dosage des marqueurs sériques maternels par le triple test qui n'est qu'un calcul de probablité...

Le diagnostic ne peut être porté avec certitude dans tous les cas, il s’agit généralement d’un jeu de probabilité, quand cette dernière est très forte on doit faire face à une décision qui n’est pas des moindres : mettre fin à une grossesse : l’avortement thérapeutique ;

Donc, lorsque toutes ces conditions sont réunies, tout un chantier psychologique est entamé dans l’esprit des parents : les étapes du deuil s’enchaînent, ce qui fait qu’au jour J , le couple est complètement détaché de ce produit de conception, ils ont hâte de terminer ce processus pour sortir de ce cercle vicieux …

Les organes sont dotés d’un potentiel de vie : on a tous eu droit, lors des cours de sciences naturelles au lycée, à l’étonnement que procure l’automatisme cardiaque : battement reflexe d’un cœur qui est encore perfusé dans une température physiologique même hors du corps, ce potentiel fait que le produit de conception peut continuer à vivre en dehors de la matrice ;

En sachant que les gynécologues qui prennent en charge la totalité du processus, refusent d’effectuer un acte « infanticide », un problème se pose lors des arrêts tardifs de grossesse ; le produit de conception peut continuer a vivre quelques heures, jours ou même années ;

On traitera de deux cas que l’équipe de néonatologie de l’hôpital militaire de Tunis à vécu

Le premier couple a décidé l’arrêt de grossesse pour une malformation complexe de la face avec de multiples malformations viscérales à un terme assez avancé, le nourrisson a survécu, ceci a créé de multiples conflits conjugaux, ils ont fini par divorcer au bout de quelques mois, la mère a pris en charge le nourrisson, qui est décédé à l’âge de 15 mois à cause de sa pathologie ;

Le « nouveau né » du deuxième couple a vécu pendant 3 jours, il a été pris en charge au service de néonatologie dans une couveuse chauffée, le père a refusé de nommer l’enfant et n’a pas payé les frais de cette prise en charge ;

L’arrêt thérapeutique de grossesse est supposé être une solution à un problème jusque là insoluble, une échappatoire pour le couple et la société, il ménage le couple, l’enfant à venir et la communauté en évitant beaucoup de souffrances et de dépenses ; ceci dit, il reste insuffisamment codifié ;

Du moment que la décision est prise, les conditions favorables devraient être réunies pour mener à bien cette opération en minimisant les souffrances ;

Partant de ce constat, des questions se posent et des réponses s’imposent :

Ce n’est pas très fréquent mais le produit de conception peut survivre ; l’éthique médicale ne permet pas de le laisser mourir par hypothermie ou hypoglycémie ; le prendre en charge est un devoir, ceci dit, il n’est pas inclus statistiquement parlant, au sein des naissances, il ne fait pas partie non plus du calcul des décès néonataux ; il ne bénéficiera donc pas d’un enterrement, mais sera incinéré comme n’importe quel membre gangréné amputé ou autre déchet hospitalier ; la législation et la communauté ne le conçoivent donc pas comme une personne ; la vraie question est la suivante : où se trouve la limite entre l’humain et le déchet ?

Le refus des gynécologues d’effectuer un acte infanticide semble se défendre, puisque l’arrêt thérapeutique de grossesse se fait généralement à un terme avancé ; discuter l’acte reviendrait en quelque sorte, à discuter l’euthanasie ; le rendre légitime devrait donc être l’abouchement d’une philosophie et d’une législation plénières ; ceci dit ce point de vue est absolument illogique et même erroné puisque l’arrêt de grossesse est lui même une « mini-euthanasie » : s’ils refusent cet « infanticide » c’est qu’ils prennent ce produit de conception pour un être humain ; ils ne sont donc plus en droit de proposer l’avortement, puisque avorter pour une malformation ou un handicap majeur est équivalent à proposer de mettre fin à la vie d’un adulte qui s’est trouvé après un accident porteur d’une paraplégie avec une différence : ce dernier possède la volonté de décider ; Refuser l’acte infanticide n’est donc pas aussi défendable et les arguments avancés par le gynécologues sont très frêles ;

Par ailleurs, aucune législation n’oblige un couple à prendre en charge le produit d’un avortement, si ce dernier est viable ; d’un autre coté, peut-on blâmer le couple qui vient de passer par cette rude épreuve s’il refuse de prendre en charge cet « enfant » ?

Si la médecine n’offre pas de solutions pour ces déboires, est -elle en droit de proposer l’arrêt thérapeutique de grossesse ?

En dehors de toutes ces réponses, et en l’absence d’une législation claire, une seule alternative s’offre pour le médecin : informer pleinement le couple des différentes débouchées de cet acte et leur laisser libre arbitre.

23 octobre, 2009

Extrait du COURS DE PHILOSOPHIE POSITIVE de Auguste COMTE

"Maintenant que l'esprit humain a fondé la physique céleste, la physique terrestre, soit mécanique, soit chimique; la physique organique soit vegetale, soit animale, il lui reste à terminer le systéme des sciences d'observation en fondant la physique sociale. Tel est aujourd'hui, sous plusieurs rapports capitaux, le plus grand et le plus pressant besoin de notre intelligence..."

04 octobre, 2009

Association voix des sourds-muets de Tunisie

Hier le 3 Octobre 2009, nous avons fêté la journée des sourds de Tunisie, une excellente conférence au CONCORDE, avec la participation des Lions... Les sourds en Tunisie, noyés dans le silence et l'ignorance... ça fait mal au cœur! Que du gâchis! Les pseudo-écoles pour sourds en Tunisie... DE L'HYPOCRISIE pure et dure!!! Aucune modification par rapport à cette partie de la population tunisienne, nos concitoyens, fréres, égaux, sombrent... Manque de moyens, manque d'organisation... La volonté de bien faire est là, il faut juste canaliser les énergies...

14 août, 2009

EXTRAIT de "le pigeon" de Patrick Suskind

"La marche apaise. La marche recéle une énergie bénéfique. Cette façon de poser réguliérement un pied devant l'autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, le légére stimulation du pouls, les activités oculaire et auriculaire indispensables pour déterminer sa diraction et préserver son équilibre, la sensation de l'air qui vous frôle l'épiderme: autant de phénoménes qui, d'une maniére tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l'esprit, et font que l'âme, si étiolée et estropiée qu'elle soit, prend de l'ampleur et grandit."
(image extraite du blog de mélanie)
Excellent livre, à consommer en urgence!

26 juillet, 2009

EXTRAIT: René Descartes « Discours de la méthode »

« Nous avons tous été enfants avant que d’être hommes, et il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs, ni si solides qu’ils auraient été, si noua avions eu l’usage entier de notre raison dés le point de notre naissance, et que nous n’eussions jamais été conduits que par elle. »

24 juin, 2009

Conférence du 19/06/2009 : Femmes chirurgiennes tunisiennes :

L’association tunisienne de la psychologie de la santé, présidée par Dr. Souad Bousnina a organisé le 19 de ce mois une conférence sous le thème: « femmes chirurgiennes en Tunisie » et ce selon une étude faite par Mme Lilia Laabidi, psychologue et enseignante à la faculté 9 Avril de Tunis ; La conférence a commencé par un beau récit qui cite les premières femmes médecins et chirurgiennes de guerre de part l’histoire arabo-musulmane dont : Roufaida Bent Saad Al Aslamia et Leila Bent Abdallah Al Kourachia ; Le Pr. Hamza Essaddam , chef du service de chirurgie orthopédique à la Rabta, auteur de « Nouvelle approche dans l'étude de l'appareil locomoteur et conséquences thérapeutiques » a saisit l’occasion pour rappeler que la civilisation carthaginoise a connu 55 médecins, dont 8 femmes ! La suite de l’introduction à été marquée par une étude statistique qui a montré que sur un total de 100% de femmes médecins spécialistes, seules 42% font de la chirurgie, que la gynécologie, l’ORL et l’ophtalmologie drainent à elles seules 36% et que donc, seules 6% des femmes médecins spécialistes occupent des postes de chirurgiennes en : chirurgie générale, carcinologique, orthopédique… Alors que 80% des étudiants en médecine en Tunisie sont de sexe féminin ! Qu’est ce qui répugne les femmes dans la chirurgie ? Pour répondre à cette question, nous avons eu le plaisir d’assister à plusieurs témoignages de femmes chirurgiennes ; Cette partie a été présentée par le Pr. Taoufik Nacef, un des pionniers de la chirurgie cardio-thoracique en Tunisie, qui a rendu hommage au Pr. Habiba Jilani , imminente chirurgienne cardio-thoracique tunisienne qui vient de nous quitter, que Dieu ait son âme ;
Au cours de sa présentation, le professeur Nacef a déclaré : « La femme, pour moi, a beaucoup plus de qualités que l’homme ; elle est plus tenace, moins égoïste et naturellement apte à se dévouer et à se consacrer aux autre… » La série de témoignages qui a suivie cette intervention a commencé par celui du Pr. Saida Ayed
Chef service d’ophtalmologie et présidente de la société méditerranéenne d’ophtalmologie ; qui a laissé par la suite la parole au Pr. Faouzia Zouari Touhami chef de service de gynécologie obstétrique à la matérnité de la Rabta, dont la salle a salué la force de caractère et qui a fait partie du noyau créateur de l’école de chirurgie expérimentale à Sidi Thabet ; Suite à quoi Pr. Leila Trabelsi, première femme présidente du conseil de l’ordre des médecins tunisiens et chef de service en ophtalmologie, nous a parlé de sa vie professionnelle et de famille qu’elle mène de paire avec succès ; Ceci dit le temoignage le plus touchant, était celui du Dr. Leila Hachich, chirurgienne en carcinologie, qui a rendu un émouvant hommage à notre maître Pr. Nejib Mourali
qui a été à l’origine du premier centre anticancéreux en Afrique : le centre Salah Azaiz, et à Dr. Françoise Tabbene qui a collaboré avec ce dernier pour créer la fameuse et monduialement reconnue classification « Pev » des cancers du sein en poussée évolutive. Dr. Leila Hachich a ajouté : « Il n’y a plus rien à démontrer » quant à la place de la femme chirurgienne ; Le Dr. Khadija Zouari, professeur en chirurgie générale à la faculté de médecine de Monastir, nous a parlé de son parcours qui fût parfois difficile : « la femme n’a pas le droit de dire je suis fatiguée, je sus enceinte… », Mais dont la persévérance lui a permet de s’imposer dans ce milieu « viril » qu’est la chirurgie générale !
Le Pr. Hela Chelly chef service de gynécologie obstétrique à la maternité de la Rabta a dirigé cette session de témoignage, à la quelle ont aussi participé Dr. Samia Sahtout, assistante en ORL à l’hôpital Charles Nicolle et le Dr. Alia Boukadi, chirurgienne pédiatrique à Zaghouan et on laisse le meilleur pour la fin : le Dr. Sonia Baccari, assistante en chirurgie cardio-thoracique qui s’est attardé sur le regard qu’a notre société tunisienne sur les chirurgienne et ce à travers une anecdote qu’elle a bien voulu partager avec nous : « au cours du mois saint, plusieurs familles fêtent la circoncision de leurs petits garçons ; cette opération est généralement faite à l’hôpital en unité de chirurgie ; Suite à l’une de ces opérations, notre chirurgienne est sortie du bloc opératoire et a été étonnée de trouver un homme qui pleurait à chaudes larmes dans le couloir de l’hôpital ; en lui demandant ce qui lui a causé tant d’émoi, le monsieur a répondu : « Ken tra ya benti, weldi tahretlou mra ! » (Mon fils a été circoncit par une femme !) Cet incident l’a tellement marqué qu’elle n’a plus refait de circoncisions depuis... " La voie des femmes chirurgiennes n’a pas été facile, ceci dit, c’est grâce aux pionnières qu’elle est désormais plus accessible ;Une femme qui a tant fait et qui ne sera jamais assez reconnue est Dr. Tawhida Ben Cheikh
première femme médecin tunisienne et arabe, elle avait rejoint les bancs de la faculté de médecine en France au cours des années 30; elle était la seconde femme à y être inscrite (la premiére étant une française vers 1900) ; son parcours fût semé d’embuches mais elle est toujours restée digne et a toujours refusé de parler de ses difficultés à l’image du Pr. Habiba Jilani qui n’a pas laisser ses problèmes empiéter sur sa profession et a continué son parcours, à plein cap vers l’excellence ; On tire notre révérence devant les pionnières, celles qui ont fait que ce soit possible, et à celles qui ont porté le flambeau et qui se sont investies pour rendre ceci tout à fait normal et banal ; Longue vie aux chirurgiennes tunisiennes !

04 juin, 2009

Pour le droit des femmes...

Femmes kurdes lors d’une manifestation près de la frontière soviétique, en Iran (vers 1960). Elles réclament l’égalité des droits pour les femmes; certaines ont ôté leur voile.

24 février, 2009

Histoire de bouches...

La bouche est un organe très important, entre communication, émotions, alimentations… ses fonctions sont innombrables, complexes et si nécessaires. La définition selon UNIVERSALIS est : La bouche est la cavité de départ du système respiratoire et digestif des mammifères et de nombreux animaux mais aussi orifice d'un conduit ou d'un canon ou encore embouchure d'un fleuve ou d'un détroit ; Plusieurs expressions existent autours du mot « bouche » ; On dit avoir la « bouche en cœur » ou faire des manières ou avoir la « bouche en cul de poule » pour dire minauder ; on dit aussi être « bouche bée » ce qui veut dire être stupéfait, ébahi et la « bouche cousue » est une marque de confiance ; Quant aux informations qui passent de « bouche à oreille » ce sont des oui dires ou encore une communication privilégiée d’une personne à une autre ; Alors que « faire la fine bouche » veut dire être difficile à contenter… Une maladie très dangereuse guette cette bouche: le cancer de la cavité buccale ! Ce cancer est très grave puisqu’il est très tardivement découvert ; Il importe donc de connaitre les prémisses de ce genre de pathologie afin de la traiter rapidement avant son installation fatalement extensive ! Les lésions de la cavité buccale sont nombreuses et très fréquentes, il faut donc savoir détecter les signes de malignité assez tôt pour bénéficier d’un traitement adéquat ; Le cancer de la cavité buccale est une tumeur maligne siégeant sur l’une des parois de la cavité buccale (lèvres, langue mobile, plancher buccal, face interne des joues, palais et pilier antérieur du voile). Il représente 2% des cancers masculins et cause 3% de décès par cancer chez l’homme ; Ce cancer apparait généralement vers l’âge de 50-70ans avec une nette prédominance masculine ; Il est favorisé par le TABAC +++ (80-96% des patients en consomment, ce dernier aurait une action carcinogène directe) et l’ALCOOL++ (en association avec le tabac) annexés à une MAUVAISE HYGIENE BUCCO-DENTAIRE. La détection de ces cancers se fait communément par les dentistes avertis mais le problème se situe au niveau du patient, qui trop laxiste, ne se prend pas en charge et préfère banaliser son problème laissant libre espace à la tumeur pour progresser ; Il faut savoir que ce genre de cancer commence par des lésions précancéreuses dites dysplasiques dont le traitement peut court-circuiter le développement d’une pathologie maligne ; Ces lésions sont importantes à connaitre ; On parle de LESIONS BLANCHES appelées LEUCOKERATOSES : Et de LESIONS ROUGES ou encore ERYTHROPLASIES : QAUNT AU CANCER DE LA CAVITE BUCCALE CONSTITUE, IL COMPTE PLUSIEURS FORMES DONT: la Forme ulcéreuse : la Forme bourgeonnante : la Forme ulcéro-végétante : la Forme nodulaire : et la Forme fissuraire : Le cancer de la cavité buccale s’exprime fonctionnellement par : une gène et un picotement au contact d’aliments épicés, une gène à la mastication, la déglutition, l’élocution, un trouble de la protraction de la langue (quand on tire la langue), Sensation de corps étranger ou même par un trismus(contracture douloureuse des mâchoires) ; Ces symptômes s’accompagnent de douleurs, d’une mobilité dentaire, d’un retard de cicatrisation alvéolaire, d’une dysphagie (difficulté à avaler)ou d’otalgies (douleurs des oreilles). IL FAUT SAVOIR QUE TOUTE ATTEINTE DE LA BOUCHE N’EST PAS NECESSAIREMENT MALIGNE ! Plusieurs autres pathologies bénignes existent, tels les atteintes infectieuses ou mycosiiques mais aussi: L’épulis qui est une lésion bourgeonnante inflammatoire de la cavité buccale (gencives et palais++) : L’aphte qui est une ulcération de la muqueuse buccale qui peut être isolée où entrer dans le cadre d’une maladie de BEHCET lorsqu’elle est bipolaire (aphtes au niveau de la bouche et des organes génitaux) : Le botriomycome qui est une formation rose ou rouge friable et qui saigne au contact, elle apparait généralement à la suite d’un traumatisme : Les ulcérations traumatiques de la bouche : LES LESIONS MALIGNES SE DIFFERENCIENT GENERALEMENT PAR L’EXISTANCE D’UNE INDURATION (durcissement et de la lésion et du tissu qui l’entoure) ; SI CERTAINS DE CES SYMPTOMES EXISTENT CHEZ VOUS OU SI VOUS CROYEZ QU’UNE LESION AU NIVEAU DE VOTRE BOUCHE ADHERE A L’UNE DE CES DESCPRITIONS, CONSULTEZ VOTRE MEDECIN GENERALISTE OU DENTISTE AFIN DE PRATIQUER DES BIOPSIES QUI POURRONT NIER OU AFFIRMER LA NATIRE DE CES LESIONS. ELLOTF 3LIKOM ! Si vous avez des questions contactez moi par mail: yara.adrenaline@gmail.com

02 février, 2009

La recherche scientifique selon Aristote

Pour un scientifique, la lecture ou la relecture du livre métaphysique d’Aristote s’impose. Ce fils de médecin, né il y a plus de 24 siècles en Grèce et élève de Platon, va développer dans son livre Métaphysique les principes modernes de la recherche scientifique. Cette recherche pour lui, est un sixième sens, et peut être le premier de nos sens, car à la différence des autres sens, qui peuvent être diminués ou supprimés, la recherche reste vivace et constante ; aussi Aristote commence-t-il son livre par écrire que « L’homme a naturellement la passion de connaître, et la preuve que ce penchant existe en nous tous ; c’est le plaisir que nous prenons aux perception des sens » Pour Aristote la voie qui mène à cette recherche est l’étonnement « se poser à soi même des questions et s’étonner des phénomènes c’est déjà savoir qu’on les ignore ». Cet étonnement ne doit pas se contenter des explications faciles « La sagesse n’est pas d’aimer les fables qui cherchent à expliquer les choses puisque la fable, le mythe ne se compose que d’éléments merveilleux et surprenants » Pour entreprendre cette recherche, il faut un pré requis que décrit Aristote par ces phrases « Or rien ne peut s’apprendre qu’à la condition de certaines notions antérieures, soit sur toute la chose qu’on veut étudier, soit sur quelques unes de ses parties, que d’ailleurs ces notions préliminaires viennent de démonstrations ou de définitions » Une fois la recherche commencée, le chercheur va se trouver confronté à l’échec qui fait partie de la solution et qu’il faut savoir accepter « la découverte de la vérité est tout à la fois difficile en un sens ; et en un autre sens, elle est facile. Ce qui prouve cette double assertion, c’est que personne ne peut atteindre complètement le vrai, et que personne non plus n’y échoue complètement, mais que chacun apporte quelque chose à l’explication de la nature ». Cette façon d’intégrer l’échec dans la recherche est retrouvé dans notre expression tunisienne : celui qui fait un effort et réussit a droit à deux salaires et celui qui fait l’effort et ne réussit pas a droit à un salaire. Cette lecture est importante pour dire que la recherche n’est le propre ni d’une époque, ni d’une population, mais le propre de personnes capables de philosopher, de réfléchir. La recherche est un dialogue des civilisations en effet sans les chiffres arabes il n’y aurait pas l’informatique que nous pratiquons aujourd’hui, sans la chimie indienne, de grands chapitres de la médecine arabe n’auraient pas vu le jour, …Chaque époque, mais aussi chaque population, et dans chaque population, chaque individu est capable d’amener sa pierre pour participer à la construction de l’humanité. Aussi c’est par l’ignorance et le dénigrement des autres que se fabrique le choc des civilisations. Revisiter les époques, converser avec Aristote comme le fit Ibn Roshd, dialoguer avec son passé et le passé des autres est la voie qui mène à vivre son époque et à développer la passerelle qui permettra aux jeunes d’aujourd’hui d’acquérir les leviers de gestion de leur destinées et de leur bien être, et permettre à leur tour de dresser les passerelles de leurs enfants. Cette approche oppose au choc des civilisations, le dialogue des civilisations. Mais la recherche pour Aristote ne se limite pas seulement aux résultats de l’expérience, mais elle doit être capable de l’expliquer « l’expérience nous apprend simplement que la chose est ; mais elle ne nous dit pas le pourquoi des choses. L’art au contraire, nous révèle le pourquoi et la cause. Aussi la différence entre les architectes et les ouvriers ; les premiers connaissent les causes de ce qu’ils produisent, tandis que les seconds ne font que travailler de leurs mains. » Cette capacité de pouvoir expliquer est évaluée par Aristote par la capacité de l’homme à transmettre ce savoir « d’une manière générale ce qui prouve qu‘on sait réellement une chose, c’est d’être capable de l’enseigner à autrui.» Cette succession entre observation, compréhension et enseignement est la clé utilisée par de nombreux savants Ibn El Jazzar, Ibn Ennafis, Marie Curie, Charles Nicolle…..Cette méthodologie est retrouvée dans le texte d’Apulée écrit à Carthage en 146 de notre ère. Aristote appuie cette pédagogie quand il ajoute « la science qui étudie les causes peut s’enseigner bien mieux que tout autre ; car le véritable enseignement consiste à exposer les causes de chaque chose en détail » Au chapitre de l’enseignement Aristote insiste sur la pédagogie « l’enseignement ne doit pas être perçu comme un apport étranger, mais pénétrer les esprits sans les déranger» ; et déjà à cette époque notre auteur avertit que « la rigueur mathématique n’est pas à exiger en toute chose, car pour arriver aux solutions vraies qu’on désire il faut préalablement bien poser les problèmes, et que la solution est à chercher parfois dans d’autres sciences ». Cette dernière phrase insiste sur la complémentarité des sciences et la nécessité soit des toutes les maîtriser ce qui est difficile de nos jours, soit de travailler en collaboration avec des scientifiques de disciplines différentes, d’époques différentes comme la ‘collaboration’ d’Ibn El Haythem au développement du microscope et de l’anatomie microscopique, ou du chimiste Pasteur à l’identification des pathologies infectieuses. Toujours au chapitre de l’enseignement Aristote insiste sur le choix des mots pour véhiculer le savoir « il faut d’abord que chacun des mots dont on se sert ait un sens connu, que ce mot exprime une seule et unique chose et non plusieurs à la fois, et que s’il a par hasard plusieurs sens, on sache précisément celui dont on entend se servir » Pour Aristote cette recherche ne doit pas avoir de but lucratif, et que même elle serait le propre des sociétés nanties, car la recherche pour notre auteur ne peut être motivée par l’appât du gain. « Que les hommes qui ont cherché à philosopher ne cultivent cette science si ardemment que pour savoir les choses et non pour en tirer le moindre profit matériel. Ce qui s’est passé alors démontre bien ce désintéressement. Tous les besoins, ou peu s’en faut, étaient déjà satisfaits en ce qui concerne la commodité de la vie et même son agrément, quand survint la pensée de ce genre d’investigation » Au total pour Aristote, la science bien partagé par l’humanité, née de l’étonnement dans un esprit préparé, est évaluée par sa capacité à être enseignée, donc à pouvoir voyager dans d’autres cerveaux. Les idées exprimées doivent être faciles à comprendre, éloignées autant que possible de la rigueur mathématique. Les mots pour la véhiculer de la bouche du chercheur à l’oreille de l’élève doivent être puisés dans le patrimoine de ce dernier. Ils doivent être d’un usage courant. Cette approche aristotélicienne de la recherche est une voie utilisée dans l’histoire des découvertes par de nombreux savants, elle reste encore d’actualité. Pr. Hamza ESSADDAM Chirurgien orthopédiste CHU La Rabta Tunis. H Référence Aristote Agora Métaphysique Ed. Pocket Paris 1991.

20 janvier, 2009

"Vincent et le docteur Gachet" de Bruno Vouters

Un titre qui nous renvoie aux plusieurs boukins qu’on a lu en primaire. Simple et précis, en effet, ce titre résume le tout : on sait déjà qu’il y a un Vincent qu’on lie grâce à notre mémoire automatiquement à l’image du mome maigrichon que sa maman emmène au docteur ; au dentiste peut-être ; la pire chose qui pourrait arriver à un gamin. La scène qui effrayait des milliers d’entre nous il y a 10 ou 15 ans et qui suscite encore ce frisson dans le dos chez plusieurs… En faite, ce petit maigrichon n’est que Vincent Van Gogh et ce que nous porte le titre à imaginer n’est pas loin de la réalité ; Van Gogh n’est qu’un enfant tourmenté, déchiré entre son génie et sa maladie qui ne font plus qu’un. Un artiste hors normes dont la vie nous fascine. Mais encore, ce docteur Gachet, un nom bizarre ; ça fait « gâchette » surtout en sachant que c’est pendant sa thérapie que Van Gogh s’est donné la mort par une balle dans la poitrine. Et bien, ce personnage est tout aussi fascinent que son patient. Ce livre vous fera découvrir ; disons-le, une figure emblématique dans la vie de Van Gogh et dans la médecine du siècle des lumières ; un médecin plein de surprises…