27 juin, 2016

L'histoire d'un nébulisateur


Certains livres comme Where There Is No Doctor, sont supposés préparer les jeunes médecins à des réalités de terrain autres.

J'ai appris la médecine au sein des hôpitaux de la Tunisie. Nous n'avions pas toutes les technologies à disposition mais le niveau de formation était élevé et l'enseignement de qualité.

A la fin de mon cursus, j'ai décidé de virer de bord, ne pas prendre le chemin qui mène vers une vie confortable de médecin consultant bien installé dans son cabinet mais d'aller voir d'autres contextes, partir en aventure, découvrir l'humain et la médecine...

Ainsi, je suis partie au Niger, l'un des pays les plus pauvres du continent africain malgré des ressources immenses en Uranium dont le pays ne peut jouir à cause d'une politique post coloniale des plus abracadabrantes...

Travailler dans l'humanitaire nous met face à des situations complexes auxquelles nous devons répondre comme médecins dans le respect de l'éthique et de la déontologie;

Pour ainsi dire, il s'agit d'une suite de situations critiques  la mort fait partie du quotidien, la faim n'est pas une sensation mais une maladie.

Venant d'un contexte arabo-africain, d'un pays en voie de développement, j'étais supposée m'adapter rapidement à cette réalité mais ce ne fût pas aussi évident:  je n'avais jamais vu un enfant mourir de faim; le kwashirkor et le marasme étaient une pure théorie: des cours anecdotiques, une sorte de folklore qu'on avait étudié à la faculté sans y porter grand intêret.

La mort était pour moi une complication évitable faisant suite à une pathologie et non une évidence...
Quand on part ailleurs, tout est remis en question, pratiques,  certitudes, habitudes, façon de voir et de sentir et même réactions;

A l'évidence, quand on revient, on n'est plus la même personne.

Sur place, on use  d'initiative de ténacité mais surtout de créativité pour faire face à la cruauté d'une réalité qui nous dépasse.

J'ai travaillé comme médecin dans un hôpital en plein brousse à Bouza, un village à prés de 600 Km de Niamey, capitale du Niger.


Il s'agissait d'un hôpital pédiatrique avec un service de néonatologie mais surtout avec des moyens très limités.


Une panoplie de pathologies des plus compliquées et la responsabilité vis à vis de la population locale qui nous voyait comme des sauveurs nous stimulaient.
Il fallait sauver des vies; une dance lugubre avec Lucifére se réitérait chaque jour...

Il y avait une fréquence élevée d'atteintes respiratoire chez les enfants et surtout les nourrissons qui développaient beaucoup de bronchiolites.

Entre autres, il n'y avait pas de nébulisateur au sein de la structure sanitaire et dans les environs.

Suite à cette observation, il fallait trouver une solution.

Il n'y a pas de probléme, il n'y a que des solutions: un nébulisateur a été donc créé avec les moyens du bord.

Fabrication:

Ce dont on a besoin: un exctracteur d'oxygéne, une tubulure d'oxygéne, un masque à oxygéne pédiatrique, une boite de médicaments vide et nettoyée en caoutchouc.

Il faut faire deux trous sur la surface plane de la boite en respectant le diamétre de la tubulure et du masque à oxygéne; insérer les deux  bouts via les deux trous en s'assurant de l'étanchiété.

Le bout de la tubulure doit être incurvé au fond de la boite pour éviter tout blocage.

Fonctionnement:

Le débit d'oxygéne utilisé doit être maximal: 8L O2/ min.

La quantité de liquide utilisée doit être supérieure à 5 cc (la quantité de liquide utilisée en général) afin que le dispositif soit fonctionnel, le bout de la tubulure doit être submergé de produit.

Il est conseillé d'utiliser le double de la quantité soit 10 cc en gardant la même concentration (1 cc adrénaline / 4 cc sérum physiologique).

La nébulisation devra durer 15 minutes afin que le nourrisson puisse recevoir la bonne dose.

Il est conseillé de vérifier à la fin de la nébulisation la quantité restante afin d'être sûr que le nourrisson a reçu la bonne dose.

Ce dispositif a été utilisé avec ce protocole et le résultat a été satisfaisant.

 Beaucoup de nourrissons ont eu des symptomatologies de dyspnée et se sont améliorés suite aux nébulisations d'adrénaline faites selon ce protocole.

Je partage cette expérience et cette trouvaille afin que toute personne se trouvant dans des conditions similaires puissse s'en inspirer.


Dans cette vie, on n'a pas besoin de grand chose, on reçoit ce qu'on donne; soyons généreux !




15 mai, 2016

It is all about Trust:



Malta is a unique prototype where culture has been developing through the ages with the flows of migrants coming North Africa, Romans, Moors, Knights of St. John, French and British. Indeed, Maltese is a unique branch of Arabic that evolved into a standardized language over the past 800 years in a gradual process of Latinisation.
Maltese Emigrants' Commission came into being in 1950 when an exodus of Maltese was leaving because of unemployment and overpopulation in search of a better future. Meanwhile, the scope of the commission has changed; the Maltese immigration began in 2002, during the Somali civil war and peaked in 2004 when Malta Joined the EU.
This crisis ended abruptly just as the main European crisis was beginning in 2015. Seas around Malta are still bobbing with people fleeing poverty and civil wars, but they don’t sully the islands any longer.
A Maltese opposition leader has alleged that Malta and Italy cut a secret deal in which Malta would surrender oil exploration rights in an offshore area disputed with Italy, while Italy would return the favor by picking up Malta’s share of migrant rescues at sea.
In 2015, a summit about migration was organized and the choice of the place wasn’t at ransom: Valetta Summit on Migration, or Valletta Conference on Migration, took place on 11 and 12 November 2015.
EU Member States, members of the Rabat process and Khartoum, observers from the Rabat process, representatives of the ECOWAS, the UN and many International organizations have been invited to participate in this summit. EU Member States discussed with African leaders the European migrant crisis.
These discussions lead to a “non-Eurocentric” observation: Young migrants are destabilizing old Europe!  European leaders offered African countries almost €2bn (£1.8bn) in return for agreeing to the deportation of these dangerous unwanted migrants.
Trust has a fund
This time, the deal wasn’t secret, Trust was the main recommendation and the fund was called TRUST FUND although “There was very little trust between the sides,” diplomats reported.  Luckily, Trust could double to €3.6bn in order to reinforce efforts to tackle the EU’s biggest ever migration crisis.
Save the Schengen, Save Africa…
EU Trust Fund has been created to support “fragile” African countries, it aims to respond to the challenges of irregular migration and displacement and to contribute to better migration management by implementing livelihood projects for unwanted migrants that would voluntary return to their countries of origin in Africa. Meanwhile, African leaders tried to use the meetings to force Europe to open up more legal channels for their people moving to Europe to what Donald Tusk, the European council president, answered that “Saving Schengen is a race against time”. Indeed, to save mobility within Europe, African mobility should be reduced.
Saving the Schengen doesn’t wait…
Donald Tusk convened another emergency EU summit directly after the African leaders departed. This second meeting was about the mass arrivals of Syrians and Iraqis in Europe via Turkey and the Balkans.
It is important to stress that Turkey has been candidate for EU membership since 1999.  Negotiations about the adopting the EU Schengen visa system only started in 2005. Turkey was obliged to harmonize its legislation in areas identified in the EU "Accession Partnership" document.
After the crisis in Syria, Turkey hosts the world’s largest community of Syrians displaced by the ongoing conflict: more than 1.7 million as of mid-March 2015.
The Syrian refugee crisis arose as the Turkish government was in the midst of overhauling its immigration system to meet European standards.
Time was running:  48 hours after the Valetta, Donald Tusk, President of the European Council, and Jean Claude Juncker, President of the European Commission, fled to Antalya to represent the EU at G20 Summit in Turkey, on 15-16 November 2015.
At their meetings with Turkish leaders, EU leaders mainly talked about the EU-Turkey cooperation on the migration and refugee crisis and launched an Action Plan to step up their cooperation on “migration management”. Turkey became a key partner for the European Union.
Indeed, The EU has mobilised €4 billion humanitarian for Lebanon, Jordan, Iraq, Turkey and Egypt. This fund was already trusted and refoulement of migrants was to begin in the shortest time in return. Of course, Ankara negotiated as African leaders, but had more space for action. Turkey appears to have reflected on the enthusiasm of the EU to strike a deal, and realized that if Brussels is that desperate then they might be able to secure their price without having to fulfill their part of the bargain. Inevitably, measures to soften Turkey’s crackdown on minority and opposition groups, working better with Cyprus and introducing biometric security measures on passports won’t be done soon.
Save the Trust, Save the Migrants
The EU was confronted with the arrival in Europe of an unprecedented number of migrants and refugees. They travel for different reasons; they flee conflict, political and economic instability, violations of human rights and poverty.
Those trusted and untrusted deals are supposed to help migrants, respect human rights and restore dignity.
Migrants are being pushed back to African countries; African countries remain impoverished, the standard of living rises in the face of inadequate incomes, corrupt politicians sell the richness of the country to the same EU which refuses to receive migrants but is still happy to receive Uranium and Oil. Organizations receiving funding for communities stabilization are trying to create micro projects unsuited to the context and with no future visibility.
Turkey heaps Syrian migrants who have no future and are rampant in despair: they are trapped in this no-win situation; facing segregation and poverty.
One wonders how a father can risk the life of her son in a dangerous voyage across Libya, how a young girl falls into the first boat to Europe. These are all humans that still have hope in humanity even if their behavior seems suicidal.
After those deals, and knowing the increasing intensity of the xenophobia, one can start to wonder how these people who feel rejected and live a nightmare don’t think about integrating ISIS ?



02 octobre, 2015

Hope's hope

What a nice name!

Hope makes us live; it made Hope leave her home country and go through a very exciting and dangerous adventure.

Hope is 20 years old; she's pretty and she says that she's strong.
Hope's father died in the war and she had to take care of her old mother and two young brothers; she has been battling every day since but things aren't easy;
"You can't have a proper work if you don't have education..."

Hope met this guy; he was nice to her and seemed to be the only person to understand her fears about the future and her aiming for a better life.
He called her one day, asking to meet; she put on her best dress and went to see him by the riverside.
He was with a friend; an important man, "He looked really powerful» wearing black glasses and a nice suit made of an expensive kind of tissue.
Let's call that important man Marc.
Marc told Hope that he will provide her with a job because he runs a huge business and that he will enable her to travel and work in order to send money to her family, that all costs will be paid;
Marc was going to take care of all details...
Hope was happy, she never thought about travelling, she doesn’t even have a passport nor an ID; Actually, she never felt like these papers could help in anyway...
Marc told her that he will also provide travel documents.

Few months later, everything was set up for departure, she packed...
She met this group of girls with whom she was going to share a way more than a travel.

Girls were actually too numerous for the car;
"We had to sit inside the car like sardines"
The transportation was done in a vicious position for all the girls so many of them developed bruises on several parts of their bodies.

The journey was long; the group had to move from a car to another while going through the desert to reach Libya.
"The car stopped several times and men with guns took our phones and all our money, once in Libya we had nothing so an armed group caught us; we were put in containers and had to be quiet during the journey...They asked for money but since we didn't have anything to give, some of us called families to send money so that they free us..."

Once arrived in Libya, groups were mixed and Hope met other people travelling from other countries.

"It was supposed to be the last stop, we had to stay in a house with closed doors and windows waiting for the boat; We were heading to Italy."

The group has been staying in that detention center for weeks and the conditions were awful;
"We had no toilets, we had to pee in the same room we were sleeping; the smell was terrible... Look at our bodies; there is no blood, we didn’t have enough food..."

Hope couldn't figure out how much time was exactly spent in that center.

"A group of men came late in the night and told us to hurry because the boat was leaving so everybody rushed to the door and some people left some of their stuff..."

A smal woody boat was waiting on the beach, too small for more than a hundred people, nevertheless all of them had to get on it.
Life suits weren't available for all passengers and many started fighting to get one;

Men in charge pushed the boat and they started sailing in that dark night.

Hope was mixed with fear and confusion was all over men, women and children.

Strangers sharing the will to survive knew that their destiny is linked to each other's...







02 août, 2015

Partir… Le désir de migration chez les jeunes …

La migration irrégulière est un sujet d’actualité de par le monde et surtout en Tunisie.
En effet, la Tunisie est devenue un pays de destination et de transit à part son positionnement comme pays de départ des flux migratoires.
Il est crucial de rappeler que l’émigration est un processus mondial qui incarne le droit à la liberté du mouvement. Ce processus est multiple et dans le contexte tunisien il oscille en effet entre et l’épique et le dramatique. 
Ce phénomène social ne doit pas être perçue comme un processus négatif puisqu’il est également porteur d’espoir et générateur de rêve de renaissance.

L’émigration régulière dans le contexte tunisien vise généralement l’emploi ou le regroupement familial. Ce type de migration est bénéfique pour les pays et les personnes. Sur le plan mondial, cette migration permet de répondre aux besoins du marché du travail ; la valeur ajoutée de la migration à l’économie mondiale est de 3 billions de dollars annuellement. Les pays hôtes profitent d’une main d’œuvre jeune à compétences multiples qui en plus participe nécessairement l’activation de  l’économie des pays hôtes via les services demandés par cette population et les taxes payés. En contrepartie, les migrants arrivent en général à améliorer leur situation  sociale via l’amélioration de leur situation économique qui se fait par le truchement d’une stabilisation professionnelle avec parfois des perspectives intéressantes. Ces mêmes migrants qui arrivent à envoyer de l’argent à leurs familles se situant dans le pays de départ, permettent l’amélioration de la situation familiale : les rémittences partent en général directement dans les poches des familles. En effet, la migration pourrait être un outil de développement à cause des transferts d’argent, de technologies et même de valeurs.
Le deuxième type d’émigration est moins contrôlable car c’est une migration irrégulière, cette dernière se présente actuellement sous plusieurs aspects :
1-La migration irrégulière par des moyens communs vers des pays développés, il s’agit d’un voyage qui se passe normalement avec l’intention cachée de ne plus revenir en Tunisie, dans ce genre de migration, la personne fait un dépassement de séjour et essaye de se fondre dans la masse pour chercher un hébergement, du travail, … parfois « perd » intentionnellement ses papiers d’identification…
2- La migration irrégulière via les bateaux en mer vers les pays développés qui reste le type de migration le plus dangereux et le plus meurtrier;
3- La migration irrégulière/ clandestine visant le « djihad » ;
4-La migration irrégulière/clandestine vers le marché de travail offert par  les sectes ou organismes extrémistes telles que DAECH actuellement. Il est important de noter que ceux qui partent ne le font pas nécessairement pour des raisons d’excès de zèle religieux  ou d’engagement terroriste. Ces agglomérations humaines impliquent des échanges commerciaux de tous types qui peuvent être très lucratifs dans ce contexte politique avec des avantages dus au monopole quasi systématique de certains services.
Détaillons un peu plus ce type de migration vers des sectes extrémistes ; il s’agit d’un phénomène ancien, présent également dans les autres religions et /ou courants de philosophie sectaire ; ces « organisations » recrutent continuellement de nouvelles personnes, auxquelles ils offrent un système identitaire avec un passage par de multiples étapes qui visent l’ascension au sein de la communauté qui devient une unité : la personne n’existe plus comme entité sociale mais fait partie et représente quelque chose de plus grand, de plus vaste : un groupe, une organisation, une population, une « Omma ». Ces personnes devenus « sujets », adhérent à un système de morale unifié, à un  fonctionnement conformiste qui nient la singularité ou la différence au profit de la discipline porteuse d’un sentiment d’égalité et de justice. Ces agglomérations sectaires proposent un « objectif » commun qui anile les aspirations personnelles au profit du « bien commun ».   
Il existe de multiples réseaux de recrutement des jeunes; ces réseaux visent les jeunes et adolescents psychologiquement fragiles, expérimentant une crise identitaire, noyés dans un sentiment d’accablement pour des raisons multiples que nous allons détailler par la suite.
Ces réseaux de recrutement existent sur internet surtout via Facebook et les autres réseaux sociaux mais également au niveau des prisons pour les jeunes qui sont emprisonnés pour délits mineurs, dans les quartiers populaires, dans les mosquées, au niveau des universités… Cette liste n’étant pas exhaustive.
Ce nouveau type de migration pose un problème sécuritaire. Il s’agit en effet, d’un défi à surmonter à l’échelle du monde en général et du pays en particulier. Cette situation ne peut être dépassée si la problématique  n’est pas traitée de façon holistique. En effet,  il faut traiter les vraies causes de cette fuite vers ce comportement suicidaire basé sur le déni, le rejet des conditions vécues et l’aspiration à un « meilleur, ailleurs » quelques soient les risques encourus.
Il s’agit d’une question qui touche tout le monde : gouvernement, société civile et individus, à laquelle nous devons essayer de trouver une réponse, la responsabilité est partagée et la réflexion doit être approfondie afin d’arriver à des solutions réalistes et efficaces puisque le changement de valeur chez les jeunes est le résultat direct de la conjoncture socio-politico-économique ou ils se trouvent et qui les impactes négativement.

Dans ce contexte et pour être méthodique, il faut de prime abord, procéder à un état des lieux : Qui sont ces jeunes ? A quels problèmes font-ils face ? Quel est leur avis ou sentiment par rapport à leur vécu ? Quelles sont leurs aspirations ?
La Jeunesse a un poids démographique important, en effet, du fait de la transition démographique et de la baisse de la fécondité, le pourcentage des jeunes a augmenté et cette tendance se verra affirmée et amplifiée  jusqu’en 2025.
Cette floraison de la population tunisienne ne doit pas être perçue négativement ; il s’agit du dividende démographique et la Tunisie n’aura que peu de temps pour profiter de ce bonus en mettant en place des politiques visant l’amélioration des compétences des jeunes  pour un adaptation au marché du travail, aux technologies récentes, à la mondialisation et pour assurer un transfert entre les générations.
Entre cette cible et la réalité, il existe un grand écart puisque les jeunes souffrent d’un taux de chômage élevé entravant leur insertion dans le tissu économique. En effet, le pays comptait 241000 diplômes chômeurs en 2014 versus 125000 en  2009 ; le nombre de chômeurs a donc, carrément doublé dans un intervalle de 5 ans.
Le  chômage des diplômés pose un problème encore plus coriace avec des différences larges entre les genres puisque 20.9% des chômeurs diplômés sont des hommes et que plus que le double (43.5%) sont des femmes.
Ces jeunes chômeurs ont un accès très faible au système bancaire, qui ne leur permet pas de profiter des opportunités d’investissement et/ou création de petits projets. En effet, 3.4% des jeunes seulement ont eu des contacts avec les banques pour le développement d’un projet.
Ces jeunes restent dépendants financièrement de leurs parents, ce qui implique une modification de  la relation Parent - Jeune - Adolescent, qui désormais oscille entre rébellion et soumission. Ce fait peut être expliqué par la limitation de la liberté d’action et de mouvement des jeunes pour des raisons pécuniaires. Cette privation est plus amplifiée chez les jeunes filles sujettes au conservatisme et aux préjugés sociaux. Elles cherchent des solutions à cette castration, ces dernières doivent être socialement acceptées et sont parfois imposées. La solution « magique »  se résume en un mot : mariage.
Les retombées de cette dépendance financière sur les jeunes hommes ne leur permettent pas de se marier. Ils endurent également le célibat prolongé qui est une résultante directe du manque d’autonomie des jeunes par rapport à leurs parents en raison de leur situation sociale et économique.
Il s’agit en effet d’un cercle vicieux dont toutes les composantes soumettent des pressions sur les jeunes qui se questionnent, se sentent coupables vis-à-vis de leurs parents pour qui ils représentent une charge et ne voient pas le bout du tunnel.
Cet état de dépression peut conduire à des pseudo solutions de plein désespoir dont l’abondan scolaire, le banditisme,  la criminalité, les addictions (usages de drogues multiples, alcoolisme…), le suicide, mais également l’immigration irrégulière qui dans ce contexte et malgré les dangers qu’elle implique semble être la plus constructive puisqu’elle est porteuse d’un espoir de recommencer et se bâtir dans un ailleurs « idéal ».
L’un des prémisses de ce désarroi reste l’abondan scolaire, en effet, on compte en Tunisie une déperdition scolaire importante, les études rapportent des chiffres autour de 100 000  abondons scolaire/an ; ce qui devrait être alarmant, car le nombre de bacheliers est également autours de 100 000 réussites/ ans. Ainsi le système éducatif tunisien n’arrive à retenir que la moitié des élèves.  
Une grande interrogation doit être émise : Pourquoi ces jeunes quittent et comment réussir malgré le système scolaire ?
Le système éducatif ne répond plus aux aspirations des jeunes, notamment dans sa fonction d’ascenseur social.  Le pourcentage des jeunes (15 à 25 ans) qui ne sont pas scolarisés, qui ne travaillent pas et ne suivent pas une formation est très élevé avec des disparités entre le milieu urbain et le milieu rural: en milieu rural 46,5% des garçons et  81.5% des filles n’ont aucune activité visant la formation et en milieu urbain 34.6%  des garçons et 60.2%  des filles sont également aux abois.
Le contenu de l’enseignement n’est pas attractif pour les jeunes et ne leur permet ni d’utiliser leur potentiel ni de leur offrir les opportunités qui correspondent à leurs aspirations et talents. Les programmes de formation professionnelle existent mais restent limités et nécessitent une mise à jour pour être plus attractifs pour les jeunes et mettre en valeur leurs talents.
Le non accès à l’éducation ne signifie pas la non utilisation des technologies de communication puisque 1/3 des jeunes utilisent l’internet. Ils sont connectés pour suivre les informations, communiquer, chercher un travail, travailler...
Il est important de noter que sur les 4.6 millions de tunisiens utilisant le « Facebook », 68% sont âgés entre 15 et 29 ans.
Ces incursions dans un monde virtuel, ne font qu’augmenter la déchirure entre leurs aspirations et la réalité de leur situation. Ce monde virtuel incontrôlable est également une source de contacts, d’informations et peut être à la base d’intégration de mouvements sociaux, politiques, religieux, sectaires…
            En somme, nos jeunes sont tiraillés entre une réalité qui pourrait être insoutenables pour certains et des aspirations semblant irréalisables. Ces jeunes « Sisyphies » commencent à baisser les bras et perdent confiance ; l’épuisement intellectuel les poussent à l’isolement à cause de la crainte d’être déçu. D’ailleurs, l’étude faite par la Banque Mondiale en 2012 montre bien que le niveau de confiance des jeunes dans ce les entoures comme institutions  est très bas : plus que 80% des jeunes n’ont pas confiance dans les politiciens, prés de 60% des jeunes n’ont pas confiance dans la police, 70% des jeunes n’ont pas confiance dans la presse, 50% n’ont pas confiance dans les écoles et pire, 50% n’ont pas confiance dans le Pays…


Cette confiance perdue, sera-t-elle un jour regagnée ?
Il ne s’agit pas d’une crainte insensée, il s’agit bien, de faits réels qui poussent les jeunes à être réticents et à ne plus avoir envie de s’impliquer. L’ailleurs est porteur d’espoir, cet ailleurs inconnu semble plus digne de confiance…
Il existe en effet, une absence de politiques de  développement  centrées sur les jeunes ; ceci accentue leur exclusion sociale et économique et renforce leur désespoir.
Actuellement la Législation tunisienne accorde beaucoup d’importance aux jeunes ;
L’Article 8 de la Constitution Tunisienne déclare que « La jeunesse est une force agissante au service de la construction de la Nation et que L’Etat veille à fournir les conditions permettant aux jeunes de développer leurs capacités, d’épanouir leur énergie, d’assumer leurs responsabilités et d’élargir leur participation au développement social, économique, culturel et politique. »
L’Article 47 de la Constitution Tunisienne assure le Droit à l’éducation « Les droits à la dignité, à la santé, aux soins, à l’éducation et à l’enseignement sont garantis à l’enfant vis-à-vis de ses parents et de l’État. »
Cet engagement de l’état tunisien est plus prononcé dans l’Article 139 qui assure : « Les collectivités locales adoptent les mécanismes de la démocratie participative et les principes de la gouvernance ouverte afin de garantir la plus large participation des citoyens et de la société civile à la préparation de projets de développement et d’aménagement du  territoire et le suivi de leur exécution, conformément à la loi. »
Il est temps d’honorer ces engagements et d’entamer un travail de fond pour que ces textes de loi ne restent pas de l’encre écrit sur un papier.
Finalement, je tiens à rappeler qu’une migration organisée peut apporter un bénéfice notable aux personnes et aux pays; cette dernière ne peut se faire que dans le respect des droits humains fondamentaux. L’accès à une protection sociale et juridique adaptée dans le pays d’origine permet de garantir que la migration soit un choix et non une nécessité (OIM, 2010).

Alors, partir? Peut-être pas…






08 mai, 2012

La toxicomanie en Tunisie


La toxicomanie a été un sujet tabou durant les dernières années, la politique Ben Aliiste a toujours voulu donner la fausse image d’un havre de paix, d’une cité parfaite ou les affres de l’humanité seraient infimes…
Personne ne pouvait discuter du sujet qui était clos d’office : on n’a pas de toxicomanie comme on n’a pas de SDF non plus !
On a longtemps voulu cacher le soleil derrière les épais rideaux d’un gouvernement paternaliste défaillant car corrompu ;
A l’aube de la révolution, nous avons découvert être gouverné par un roi toxicomane dont les rejetons tenaient les rennes du commerce de stupéfiants en Tunisie : la chat régnait sur les souris…
Nous avons entamé une petite recherche à propos de la question , nous allons donc commencer par un état des lieux concernant la situation en général et les spécificités en Tunisie ;
Une mise au point médicale s’impose pour lever certaines litiges : En dehors du fait que les toxicomanes sont des personnes marginales et marginalisées, qui sont pour la plupart, des cas sociaux souffrant de problèmes familiaux à type d’éclatement du noyau familial, de pauvreté, d’illettrisme ; il est important de savoir qu’un toxicomane est une personne malade : ces sujets présentent une tendance innée à l’addiction ; d’ailleurs, une étude a été faite aux USA sur un nombre important de toxicomanes, l’étude radio-dynamique du cerveau a montré l’existence d’une zone hyperactive (hypersignal) chez les toxicomanes n’existant pas chez les sujets sains, cet échantillon a été accompagné au cours du périple du traitement ; l’imagerie de contrôle avait montré la persistance de l’activité de cette zone chez les anciens toxicomanes guéris lors de l’évocation visuelle ou auditive de n’importe quel instrument en relation avec la drogue.
La tendance à la toxicomanie semble donc être due à des facteurs intrinsèques, presque en dehors de la volonté de la personne ; ce terrain « addictif » pourrait même être génétiquement codifié…
En dehors de ceci,  les produits utilisés sont à tropisme nerveux et donnent des effets indésirables à type de pathologies psychiatriques : on connait la schizophrénie induite par le cannabis,  avec une tendance notable aux dépressions graves avec tentatives de suicide.
En second lieu , la toxicomanie par utilisation de produits injectables reste la cause la plus importante de transmission des virus du SIDA et de l’hépatite C, ceci étant du à l’utilisation d’une seringue commune et à la méthode d’injection : le cas de figure le plus fréquent dans notre pays est l’injection de Subutex, nommé par les adeptes «Sobutex » : le patient utilise une cuillère pour réduire le comprimé en poudre, dépose cette dernière au fond se la cuillère, y rajoute de l’eau pour diluer le tout ; pose aux meilleurs des cas, un coton pour filtrer les grosses particule à travers du quel il filtre le substrat qu’il prélève dans une seringue d’insuline ; il utilise une ceinture comme garrot, repère une veine, retire du sang pour être sur d’être bien dans le vaisseau puis injecte le produit.
Au fur et à mesure, le patient altère son capital veineux, ses vaisseaux ne sont plus aussi abordables, il y en a qui arrivent même à s’injecter au niveau du pénis…
Cette méthode archaïque de filtrage à travers un coton, ne permet pas une injection saine, parfois, on observe des thromboses veineuses dues à un défaut de technique ; mis à part le fait que la non disponibilité des seringues réduisant un groupe à l’utilisation pour une durée parfois assez longues (quelques mois) d’une seringue commune, augmentant ainsi le risque de transmission virale, le microorganisme étant bien protégé à l’intérieur de ce milieu clos, on rencontre plus fréquemment l’infection HIV et l’hépatite C.
Il faut insister qu’en Tunisie, on compte 870 milles cas d’hépatite C, la prise en charge de cette pathologie est très couteuse et non disponible sauf pour les sujets jouissant d’une sécurité sociale ; on compte donc en moyenne 8 décès par semaine chez les utilisateurs de drogues intraveineuses dont 5 par over dose te 3 par hépatite C ;
Une personne intoxiquée doit en même temps prendre d’autres molécules afin de la calmer ou pour induire le sommeil : on observe donc une utilisation de façon synchrone du Temesta, de l’équanil associée à une consommation notable d’alcool.
Nous avons cherché à connaître les drogues circulant sur le grand Tunis : Le SUBUTEX en premier lieu, qui se trouve sous forme de comprimés, à la base ce traitement est supposé aider le sevrage des héroïnomanes, mais son utilisation a dévié, il est vendu 1 comprimé à 20 dinars… par ailleurs, l’héroïne, qui se vent en général en petite quantité 50 mg à 180 dinars assurant une consommation de 48h ; l’Extasy également disponible 1 comprimé étant à 30 dinars ; le temesta est vendu le ¼ de comprimé entre 3 et 4 dinars…
Ce fléau touche excessivement les quartiers de renommée CHIC sur le grand Tunis : Menzah, Manar , Nasr ou des jeunes et moins jeunes se shootent à l’héroïne ; on y retrouve des cadres : juges, banquier…
L’enquête a montré que certains cafés drainent plus que d’autres les toxicomanes.
Il existe des medecins qualifiés en toxicologie qui prennent en charge toute personne désireuse d’arrêter, le traitement des héroïnomanes par exemple coute 200 dinars et dure 14 jours, par ailleurs, pour les personnes moins fortunées, il existait un centre de désintoxication à Sfax :   Jbal el West qui prenait en charge les malades au cours de l’ancien régime ;
Ce centre a cessé de travailler au cours de la révolution pour causes pécuniaires et le nouveau gouvernement allait continuer dans le déni en proposant la métamorphose du centre en un complexe sportif ; ce fût suite à de longues négociations que le ministre de la santé a accepté de garder les mêmes fonctions du centre.
La prise en charge des toxicomanes en Tunisie dépend littéralement du fond mondial, le ministère de la santé et le gouvernement en général est démissionnaire ;
La résolution du problème a toujours été faite par le truchement du ministère de l’intérieur : toute personne détenant une seringue est passible d’un emprisonnement d’un an ! (le problème se pose surtout chez les diabétiques qui utilisent le même model de seringues)
Actuellement, malgré la création d’ONG pour prendre en charge les toxicomanes en Tunisie, l’accès y reste difficile car une peur et une méfiance tout à fait placées règnent, les malades ont peur d’être poursuivis et incarcéré ; Abdesslam, toxicomane en cours de cure dit : «   برشة عباد خايفة وما تحبش تجي  » ;
A noter qu’en dehors de cette ONG, aucune institution gouvernementale ne s’en occupe, l’approche reste dissuasive et violente.
Mr Hichem, membre actif, dit : « pour eux c’est une opération de plus pour un grade de plus !» effectivement, l’association trouve beaucoup de mal à mettre au jour ses activités : ils assurent la distribution de seringues stériles en échange des souillées pour assurer une injection saine, par la suite, et c’est la clef de voute de leur travail, ils offrent des soins à toute personne désireuse de se faire soigner, il s’agit d’une sorte de contrat moral, le malade se présente au local de l’association et y reste pendant toute la journée, l’association lui offre l’alimentation, des formations, des loisirs et même une prise en charge psychologique , bref, tout ce que l’état ne dispense pas ; le cap aigu étant dépassé, le patient deviendra éducateur père, membre de l’association et pourra bénéficier d’un salaire ;
L’association CHAMS, prend en charge depuis un an, des toxicomanes devant la démission et le déni de l’état de cette partie de citoyens qui récence  un nombre important , qui de plus en est, est en extension.
La toxicomanie en Tunisie est un réel problème au quel il faut faire face.
A bon lecteur, salut.


16 septembre, 2010

Avortement : le dilemme

L’avortement reste un sujet d’actualité malgré les efforts de banalisation; entre « haram » et illégal, les tergiversations abondent et les avis différent…

La législation tunisienne individualise deux sortes d’avortement :

L’interruption volontaire de grossesse et l’interruption thérapeutique de grossesse ;

La première bien que très ambigüe reste régie par une loi très stricte et assez connue par le grand public: entre durée limite de gestation, modalités, locaux… elle mime en grande partie la législation française et elle est même plus souple par points, même si ceci étonne bon nombre de personnes ;

La deuxième, bien qu’elle semble plus défendable, reste très discutable puisque plusieurs aspects sont flous, que les procédures et les décisions sont par moments, aléatoires et imprécises.

Ce billet traitera de l’interruption de la grossesse sur décision « médicale », il se veut médicolégal et areligieux ;

Mettre fin à une grossesse peut être proposé par le médecin si cette dernière met en danger la vie de la mère, du fœtus ou des deux en même temps, elle peut également avoir lieu si le fœtus est porteur d’une pathologie très grave connue incurable ou d’une malformation ou aberration chromosomique importante .

Jusque là tout semble très logique : un truisme même ;

La vérité est toute autre !

Une première problématique se pose :

Quelles sont les maladies « incurables » ? Qu’est ce qu’une maladie grave ? Qui est à même de décider de la « gravité » ou de la « curabilité » d’une maladie ? Qui peut prévoir avec une certitude sans failles l’aboutissement d’une grossesse ?

On ne cherche nullement à démolir la confiance qu’ont les malades en leurs médecins ou en la médecine en général, mais quelques faits doivent être annoncés, pour plus de transparence;

Il ya plusieurs moyens de détecter d’éventuelles maladies ou dysmorphies chez un fœtus tels: L’échographie morphologique n’est pas sure à 100% puisque c’est un examen qui a ses limites qui est également opérateur dépendant, le dosage des marqueurs sériques maternels par le triple test qui n'est qu'un calcul de probablité...

Le diagnostic ne peut être porté avec certitude dans tous les cas, il s’agit généralement d’un jeu de probabilité, quand cette dernière est très forte on doit faire face à une décision qui n’est pas des moindres : mettre fin à une grossesse : l’avortement thérapeutique ;

Donc, lorsque toutes ces conditions sont réunies, tout un chantier psychologique est entamé dans l’esprit des parents : les étapes du deuil s’enchaînent, ce qui fait qu’au jour J , le couple est complètement détaché de ce produit de conception, ils ont hâte de terminer ce processus pour sortir de ce cercle vicieux …

Les organes sont dotés d’un potentiel de vie : on a tous eu droit, lors des cours de sciences naturelles au lycée, à l’étonnement que procure l’automatisme cardiaque : battement reflexe d’un cœur qui est encore perfusé dans une température physiologique même hors du corps, ce potentiel fait que le produit de conception peut continuer à vivre en dehors de la matrice ;

En sachant que les gynécologues qui prennent en charge la totalité du processus, refusent d’effectuer un acte « infanticide », un problème se pose lors des arrêts tardifs de grossesse ; le produit de conception peut continuer a vivre quelques heures, jours ou même années ;

On traitera de deux cas que l’équipe de néonatologie de l’hôpital militaire de Tunis à vécu

Le premier couple a décidé l’arrêt de grossesse pour une malformation complexe de la face avec de multiples malformations viscérales à un terme assez avancé, le nourrisson a survécu, ceci a créé de multiples conflits conjugaux, ils ont fini par divorcer au bout de quelques mois, la mère a pris en charge le nourrisson, qui est décédé à l’âge de 15 mois à cause de sa pathologie ;

Le « nouveau né » du deuxième couple a vécu pendant 3 jours, il a été pris en charge au service de néonatologie dans une couveuse chauffée, le père a refusé de nommer l’enfant et n’a pas payé les frais de cette prise en charge ;

L’arrêt thérapeutique de grossesse est supposé être une solution à un problème jusque là insoluble, une échappatoire pour le couple et la société, il ménage le couple, l’enfant à venir et la communauté en évitant beaucoup de souffrances et de dépenses ; ceci dit, il reste insuffisamment codifié ;

Du moment que la décision est prise, les conditions favorables devraient être réunies pour mener à bien cette opération en minimisant les souffrances ;

Partant de ce constat, des questions se posent et des réponses s’imposent :

Ce n’est pas très fréquent mais le produit de conception peut survivre ; l’éthique médicale ne permet pas de le laisser mourir par hypothermie ou hypoglycémie ; le prendre en charge est un devoir, ceci dit, il n’est pas inclus statistiquement parlant, au sein des naissances, il ne fait pas partie non plus du calcul des décès néonataux ; il ne bénéficiera donc pas d’un enterrement, mais sera incinéré comme n’importe quel membre gangréné amputé ou autre déchet hospitalier ; la législation et la communauté ne le conçoivent donc pas comme une personne ; la vraie question est la suivante : où se trouve la limite entre l’humain et le déchet ?

Le refus des gynécologues d’effectuer un acte infanticide semble se défendre, puisque l’arrêt thérapeutique de grossesse se fait généralement à un terme avancé ; discuter l’acte reviendrait en quelque sorte, à discuter l’euthanasie ; le rendre légitime devrait donc être l’abouchement d’une philosophie et d’une législation plénières ; ceci dit ce point de vue est absolument illogique et même erroné puisque l’arrêt de grossesse est lui même une « mini-euthanasie » : s’ils refusent cet « infanticide » c’est qu’ils prennent ce produit de conception pour un être humain ; ils ne sont donc plus en droit de proposer l’avortement, puisque avorter pour une malformation ou un handicap majeur est équivalent à proposer de mettre fin à la vie d’un adulte qui s’est trouvé après un accident porteur d’une paraplégie avec une différence : ce dernier possède la volonté de décider ; Refuser l’acte infanticide n’est donc pas aussi défendable et les arguments avancés par le gynécologues sont très frêles ;

Par ailleurs, aucune législation n’oblige un couple à prendre en charge le produit d’un avortement, si ce dernier est viable ; d’un autre coté, peut-on blâmer le couple qui vient de passer par cette rude épreuve s’il refuse de prendre en charge cet « enfant » ?

Si la médecine n’offre pas de solutions pour ces déboires, est -elle en droit de proposer l’arrêt thérapeutique de grossesse ?

En dehors de toutes ces réponses, et en l’absence d’une législation claire, une seule alternative s’offre pour le médecin : informer pleinement le couple des différentes débouchées de cet acte et leur laisser libre arbitre.

23 octobre, 2009

Extrait du COURS DE PHILOSOPHIE POSITIVE de Auguste COMTE

"Maintenant que l'esprit humain a fondé la physique céleste, la physique terrestre, soit mécanique, soit chimique; la physique organique soit vegetale, soit animale, il lui reste à terminer le systéme des sciences d'observation en fondant la physique sociale. Tel est aujourd'hui, sous plusieurs rapports capitaux, le plus grand et le plus pressant besoin de notre intelligence..."

04 octobre, 2009

Association voix des sourds-muets de Tunisie

Hier le 3 Octobre 2009, nous avons fêté la journée des sourds de Tunisie, une excellente conférence au CONCORDE, avec la participation des Lions... Les sourds en Tunisie, noyés dans le silence et l'ignorance... ça fait mal au cœur! Que du gâchis! Les pseudo-écoles pour sourds en Tunisie... DE L'HYPOCRISIE pure et dure!!! Aucune modification par rapport à cette partie de la population tunisienne, nos concitoyens, fréres, égaux, sombrent... Manque de moyens, manque d'organisation... La volonté de bien faire est là, il faut juste canaliser les énergies...

14 août, 2009

EXTRAIT de "le pigeon" de Patrick Suskind

"La marche apaise. La marche recéle une énergie bénéfique. Cette façon de poser réguliérement un pied devant l'autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, le légére stimulation du pouls, les activités oculaire et auriculaire indispensables pour déterminer sa diraction et préserver son équilibre, la sensation de l'air qui vous frôle l'épiderme: autant de phénoménes qui, d'une maniére tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l'esprit, et font que l'âme, si étiolée et estropiée qu'elle soit, prend de l'ampleur et grandit."
(image extraite du blog de mélanie)
Excellent livre, à consommer en urgence!

26 juillet, 2009

EXTRAIT: René Descartes « Discours de la méthode »

« Nous avons tous été enfants avant que d’être hommes, et il nous a fallu longtemps être gouvernés par nos appétits et nos précepteurs, qui étaient souvent contraires les uns aux autres, et qui, ni les uns ni les autres ne nous conseillaient peut-être pas toujours le meilleur, il est presque impossible que nos jugements soient si purs, ni si solides qu’ils auraient été, si noua avions eu l’usage entier de notre raison dés le point de notre naissance, et que nous n’eussions jamais été conduits que par elle. »