24 février, 2009

Histoire de bouches...

La bouche est un organe très important, entre communication, émotions, alimentations… ses fonctions sont innombrables, complexes et si nécessaires. La définition selon UNIVERSALIS est : La bouche est la cavité de départ du système respiratoire et digestif des mammifères et de nombreux animaux mais aussi orifice d'un conduit ou d'un canon ou encore embouchure d'un fleuve ou d'un détroit ; Plusieurs expressions existent autours du mot « bouche » ; On dit avoir la « bouche en cœur » ou faire des manières ou avoir la « bouche en cul de poule » pour dire minauder ; on dit aussi être « bouche bée » ce qui veut dire être stupéfait, ébahi et la « bouche cousue » est une marque de confiance ; Quant aux informations qui passent de « bouche à oreille » ce sont des oui dires ou encore une communication privilégiée d’une personne à une autre ; Alors que « faire la fine bouche » veut dire être difficile à contenter… Une maladie très dangereuse guette cette bouche: le cancer de la cavité buccale ! Ce cancer est très grave puisqu’il est très tardivement découvert ; Il importe donc de connaitre les prémisses de ce genre de pathologie afin de la traiter rapidement avant son installation fatalement extensive ! Les lésions de la cavité buccale sont nombreuses et très fréquentes, il faut donc savoir détecter les signes de malignité assez tôt pour bénéficier d’un traitement adéquat ; Le cancer de la cavité buccale est une tumeur maligne siégeant sur l’une des parois de la cavité buccale (lèvres, langue mobile, plancher buccal, face interne des joues, palais et pilier antérieur du voile). Il représente 2% des cancers masculins et cause 3% de décès par cancer chez l’homme ; Ce cancer apparait généralement vers l’âge de 50-70ans avec une nette prédominance masculine ; Il est favorisé par le TABAC +++ (80-96% des patients en consomment, ce dernier aurait une action carcinogène directe) et l’ALCOOL++ (en association avec le tabac) annexés à une MAUVAISE HYGIENE BUCCO-DENTAIRE. La détection de ces cancers se fait communément par les dentistes avertis mais le problème se situe au niveau du patient, qui trop laxiste, ne se prend pas en charge et préfère banaliser son problème laissant libre espace à la tumeur pour progresser ; Il faut savoir que ce genre de cancer commence par des lésions précancéreuses dites dysplasiques dont le traitement peut court-circuiter le développement d’une pathologie maligne ; Ces lésions sont importantes à connaitre ; On parle de LESIONS BLANCHES appelées LEUCOKERATOSES : Et de LESIONS ROUGES ou encore ERYTHROPLASIES : QAUNT AU CANCER DE LA CAVITE BUCCALE CONSTITUE, IL COMPTE PLUSIEURS FORMES DONT: la Forme ulcéreuse : la Forme bourgeonnante : la Forme ulcéro-végétante : la Forme nodulaire : et la Forme fissuraire : Le cancer de la cavité buccale s’exprime fonctionnellement par : une gène et un picotement au contact d’aliments épicés, une gène à la mastication, la déglutition, l’élocution, un trouble de la protraction de la langue (quand on tire la langue), Sensation de corps étranger ou même par un trismus(contracture douloureuse des mâchoires) ; Ces symptômes s’accompagnent de douleurs, d’une mobilité dentaire, d’un retard de cicatrisation alvéolaire, d’une dysphagie (difficulté à avaler)ou d’otalgies (douleurs des oreilles). IL FAUT SAVOIR QUE TOUTE ATTEINTE DE LA BOUCHE N’EST PAS NECESSAIREMENT MALIGNE ! Plusieurs autres pathologies bénignes existent, tels les atteintes infectieuses ou mycosiiques mais aussi: L’épulis qui est une lésion bourgeonnante inflammatoire de la cavité buccale (gencives et palais++) : L’aphte qui est une ulcération de la muqueuse buccale qui peut être isolée où entrer dans le cadre d’une maladie de BEHCET lorsqu’elle est bipolaire (aphtes au niveau de la bouche et des organes génitaux) : Le botriomycome qui est une formation rose ou rouge friable et qui saigne au contact, elle apparait généralement à la suite d’un traumatisme : Les ulcérations traumatiques de la bouche : LES LESIONS MALIGNES SE DIFFERENCIENT GENERALEMENT PAR L’EXISTANCE D’UNE INDURATION (durcissement et de la lésion et du tissu qui l’entoure) ; SI CERTAINS DE CES SYMPTOMES EXISTENT CHEZ VOUS OU SI VOUS CROYEZ QU’UNE LESION AU NIVEAU DE VOTRE BOUCHE ADHERE A L’UNE DE CES DESCPRITIONS, CONSULTEZ VOTRE MEDECIN GENERALISTE OU DENTISTE AFIN DE PRATIQUER DES BIOPSIES QUI POURRONT NIER OU AFFIRMER LA NATIRE DE CES LESIONS. ELLOTF 3LIKOM ! Si vous avez des questions contactez moi par mail: yara.adrenaline@gmail.com

02 février, 2009

La recherche scientifique selon Aristote

Pour un scientifique, la lecture ou la relecture du livre métaphysique d’Aristote s’impose. Ce fils de médecin, né il y a plus de 24 siècles en Grèce et élève de Platon, va développer dans son livre Métaphysique les principes modernes de la recherche scientifique. Cette recherche pour lui, est un sixième sens, et peut être le premier de nos sens, car à la différence des autres sens, qui peuvent être diminués ou supprimés, la recherche reste vivace et constante ; aussi Aristote commence-t-il son livre par écrire que « L’homme a naturellement la passion de connaître, et la preuve que ce penchant existe en nous tous ; c’est le plaisir que nous prenons aux perception des sens » Pour Aristote la voie qui mène à cette recherche est l’étonnement « se poser à soi même des questions et s’étonner des phénomènes c’est déjà savoir qu’on les ignore ». Cet étonnement ne doit pas se contenter des explications faciles « La sagesse n’est pas d’aimer les fables qui cherchent à expliquer les choses puisque la fable, le mythe ne se compose que d’éléments merveilleux et surprenants » Pour entreprendre cette recherche, il faut un pré requis que décrit Aristote par ces phrases « Or rien ne peut s’apprendre qu’à la condition de certaines notions antérieures, soit sur toute la chose qu’on veut étudier, soit sur quelques unes de ses parties, que d’ailleurs ces notions préliminaires viennent de démonstrations ou de définitions » Une fois la recherche commencée, le chercheur va se trouver confronté à l’échec qui fait partie de la solution et qu’il faut savoir accepter « la découverte de la vérité est tout à la fois difficile en un sens ; et en un autre sens, elle est facile. Ce qui prouve cette double assertion, c’est que personne ne peut atteindre complètement le vrai, et que personne non plus n’y échoue complètement, mais que chacun apporte quelque chose à l’explication de la nature ». Cette façon d’intégrer l’échec dans la recherche est retrouvé dans notre expression tunisienne : celui qui fait un effort et réussit a droit à deux salaires et celui qui fait l’effort et ne réussit pas a droit à un salaire. Cette lecture est importante pour dire que la recherche n’est le propre ni d’une époque, ni d’une population, mais le propre de personnes capables de philosopher, de réfléchir. La recherche est un dialogue des civilisations en effet sans les chiffres arabes il n’y aurait pas l’informatique que nous pratiquons aujourd’hui, sans la chimie indienne, de grands chapitres de la médecine arabe n’auraient pas vu le jour, …Chaque époque, mais aussi chaque population, et dans chaque population, chaque individu est capable d’amener sa pierre pour participer à la construction de l’humanité. Aussi c’est par l’ignorance et le dénigrement des autres que se fabrique le choc des civilisations. Revisiter les époques, converser avec Aristote comme le fit Ibn Roshd, dialoguer avec son passé et le passé des autres est la voie qui mène à vivre son époque et à développer la passerelle qui permettra aux jeunes d’aujourd’hui d’acquérir les leviers de gestion de leur destinées et de leur bien être, et permettre à leur tour de dresser les passerelles de leurs enfants. Cette approche oppose au choc des civilisations, le dialogue des civilisations. Mais la recherche pour Aristote ne se limite pas seulement aux résultats de l’expérience, mais elle doit être capable de l’expliquer « l’expérience nous apprend simplement que la chose est ; mais elle ne nous dit pas le pourquoi des choses. L’art au contraire, nous révèle le pourquoi et la cause. Aussi la différence entre les architectes et les ouvriers ; les premiers connaissent les causes de ce qu’ils produisent, tandis que les seconds ne font que travailler de leurs mains. » Cette capacité de pouvoir expliquer est évaluée par Aristote par la capacité de l’homme à transmettre ce savoir « d’une manière générale ce qui prouve qu‘on sait réellement une chose, c’est d’être capable de l’enseigner à autrui.» Cette succession entre observation, compréhension et enseignement est la clé utilisée par de nombreux savants Ibn El Jazzar, Ibn Ennafis, Marie Curie, Charles Nicolle…..Cette méthodologie est retrouvée dans le texte d’Apulée écrit à Carthage en 146 de notre ère. Aristote appuie cette pédagogie quand il ajoute « la science qui étudie les causes peut s’enseigner bien mieux que tout autre ; car le véritable enseignement consiste à exposer les causes de chaque chose en détail » Au chapitre de l’enseignement Aristote insiste sur la pédagogie « l’enseignement ne doit pas être perçu comme un apport étranger, mais pénétrer les esprits sans les déranger» ; et déjà à cette époque notre auteur avertit que « la rigueur mathématique n’est pas à exiger en toute chose, car pour arriver aux solutions vraies qu’on désire il faut préalablement bien poser les problèmes, et que la solution est à chercher parfois dans d’autres sciences ». Cette dernière phrase insiste sur la complémentarité des sciences et la nécessité soit des toutes les maîtriser ce qui est difficile de nos jours, soit de travailler en collaboration avec des scientifiques de disciplines différentes, d’époques différentes comme la ‘collaboration’ d’Ibn El Haythem au développement du microscope et de l’anatomie microscopique, ou du chimiste Pasteur à l’identification des pathologies infectieuses. Toujours au chapitre de l’enseignement Aristote insiste sur le choix des mots pour véhiculer le savoir « il faut d’abord que chacun des mots dont on se sert ait un sens connu, que ce mot exprime une seule et unique chose et non plusieurs à la fois, et que s’il a par hasard plusieurs sens, on sache précisément celui dont on entend se servir » Pour Aristote cette recherche ne doit pas avoir de but lucratif, et que même elle serait le propre des sociétés nanties, car la recherche pour notre auteur ne peut être motivée par l’appât du gain. « Que les hommes qui ont cherché à philosopher ne cultivent cette science si ardemment que pour savoir les choses et non pour en tirer le moindre profit matériel. Ce qui s’est passé alors démontre bien ce désintéressement. Tous les besoins, ou peu s’en faut, étaient déjà satisfaits en ce qui concerne la commodité de la vie et même son agrément, quand survint la pensée de ce genre d’investigation » Au total pour Aristote, la science bien partagé par l’humanité, née de l’étonnement dans un esprit préparé, est évaluée par sa capacité à être enseignée, donc à pouvoir voyager dans d’autres cerveaux. Les idées exprimées doivent être faciles à comprendre, éloignées autant que possible de la rigueur mathématique. Les mots pour la véhiculer de la bouche du chercheur à l’oreille de l’élève doivent être puisés dans le patrimoine de ce dernier. Ils doivent être d’un usage courant. Cette approche aristotélicienne de la recherche est une voie utilisée dans l’histoire des découvertes par de nombreux savants, elle reste encore d’actualité. Pr. Hamza ESSADDAM Chirurgien orthopédiste CHU La Rabta Tunis. H Référence Aristote Agora Métaphysique Ed. Pocket Paris 1991.

20 janvier, 2009

"Vincent et le docteur Gachet" de Bruno Vouters

Un titre qui nous renvoie aux plusieurs boukins qu’on a lu en primaire. Simple et précis, en effet, ce titre résume le tout : on sait déjà qu’il y a un Vincent qu’on lie grâce à notre mémoire automatiquement à l’image du mome maigrichon que sa maman emmène au docteur ; au dentiste peut-être ; la pire chose qui pourrait arriver à un gamin. La scène qui effrayait des milliers d’entre nous il y a 10 ou 15 ans et qui suscite encore ce frisson dans le dos chez plusieurs… En faite, ce petit maigrichon n’est que Vincent Van Gogh et ce que nous porte le titre à imaginer n’est pas loin de la réalité ; Van Gogh n’est qu’un enfant tourmenté, déchiré entre son génie et sa maladie qui ne font plus qu’un. Un artiste hors normes dont la vie nous fascine. Mais encore, ce docteur Gachet, un nom bizarre ; ça fait « gâchette » surtout en sachant que c’est pendant sa thérapie que Van Gogh s’est donné la mort par une balle dans la poitrine. Et bien, ce personnage est tout aussi fascinent que son patient. Ce livre vous fera découvrir ; disons-le, une figure emblématique dans la vie de Van Gogh et dans la médecine du siècle des lumières ; un médecin plein de surprises…

29 décembre, 2008

الأطباء و عمادة الأطباء

Le 6 Décembre dernier était une date de fête pour l’ordre des médecins tunisiens, ce fût le cinquantenaire de l’ordre ; L’événement a été fêté dans l’un des plus prestigieux hôtels de la capitale, avec au programme : conférences, expositions… Ceci dit, plusieurs noms ont brillé par leur absence ; Cette non participation semblait étonnante… Pourquoi des médecins membres de l’ordre des médecins refuseraient-ils de participer au cinquantenaire de l’ordre des médecins ? La raison était simple, ces derniers refusent la nouvelle orientation qu’a prise l’ordre ; « Le fait de mêler la sphère intellectuelle à la politique » est juste inconcevable pour eux ; Un incident vient donner quelques explications à ce conflit : Depuis quelque temps, un journal tunisien a publié un article qui parle du soutien de l’ordre des médecins tunisiens à la réélection présidentielle de 2009 ; Cette affirmation était fausse et les responsables de l’ordre n’ont pas daigné publier un démenti ; Ceci a outré plusieurs qui se sont décidé à marquer leur position en refusant l’invitation au cinquantenaire ; La distorsion politisée des organisations apolitiques tunisiennes continue… Bonne année 2009 !

18 décembre, 2008

Le saviez vous ?

Légalement, votre corps n’est pas «le votre » !!! Selon la législation, le corps humain n’appartient à personne ; Il est donc mis à votre disposition pendant votre vie comme il sera mis à la disposition de votre famille pour les rites de l’inhumation après votre mort (ba3d 3mor twil) ou à la disposition de la justice si les conditions de votre mort sont suspectes afin d’éclaircir les zones d’ombres et punir d’éventuels criminels ; Votre corps ne serait donc pas le votre dans le vrai sens du terme ; Un corps n’étant pas une propriété privée, il ne s’hérite donc pas suite à votre mort ! Avec la théorie Freudienne, l’inconscient, grand manipulateur du psyché reste insondable et l’on vit avec la frustration de ne pas contrôler sa vie, ses réactions, ses envies… On est comme étranger à soi même ; et par cette législation, même ce qui est palpable et concret nous fuit… C’est troublant !

03 décembre, 2008

Le 40 éme conte de ISE MONOGATARI...

Jadis un jouvenceau d’une fille qui point n’était vilaine s’était épris. Il avait des parents qui prétendaient agir sagement; craignant qu’à son tour elle pût s’éprendre, ils résolurent d’éloigner la fille. Voilà ce qu’ils disaient, mais ils ne l’avaient point éloignée encore. Comme il était en leur dépendance et que son cœur manquait de force encore, il n’eut pas la force de les faire renoncer. La fille, qui était de basse condition, n’était en mesure de résister. Entre-temps, leur amour ne faisait que croître. Soudain, les parents chassèrent cette fille. Le garçon eut beau verser des larmes de sang, il ne pouvait les en empêcher. On l’emmena et elle s’en fut. Le garçon, pleurant et pleurant, composa ceci: Quand elle sera partie pour qui donc sera pénible la séparation? Plus encore que naguère ce jourd’hui me sens triste! Il dit et perdit conscience. Les parents se précipitèrent. Avec les meilleures intentions ils avaient ainsi décidé, pensant qu’il n’en viendrait pas à pareille extrémité, et voilà qu’il avait véritablement perdu conscience. Aussi, affolés, faisaient-ils des vœux. Il avait perdu conscience ce jour-là vers la tombée de la nuit et ce n’est que le lendemain vers l’heure du Chien qu’à grand-peine il revint à la vie. Les jouvenceaux de jadis, voilà comment leurs amours ils prenaient à cœur. Les vieillards d’aujourd’hui en feraient-ils autant? (ISE MONOGATARI est un Recueil de contes illustrés de courts poèmes, il est probablement le plus ancien écrit en prose de la littérature japonaise.)

17 octobre, 2008

Le congé

«Wel coungi! » C’était dit d’une manière ! Alors là ! Une entorse bénigne de la cheville ayant eu lieu 3 semaines au paravent… L’entorse est une lésion des ligaments sans déplacement des surfaces articulaires … Le caractère bénin de l’accident signe l’intégrité des éléments anatomiques. La douleur est traitée par des antalgiques palier2, des anti-inflammatoires et la mise au repos relative de l’articulation. Un repos est administré par les médecins zélateurs ; sinon cette lésion ne doit aucunement provoquer un absentéisme ni une diminution de la productivité. « bech nmout! » Le malade incapable de bouger, état d’impotence phénoménal depuis quelques instants, tout à fait en désaccord avec l’ancienneté de la lésion, s’est relevé de suite ; s’est mis à crier, à injurier le médecin de garde et disons le, était à deux doigts de lui donner « la raclée » de sa vie, pour avoir quelques jours de repos en plus! En reparlant de l’incident de la veille avec l’agrégé du service, ce dernier nous a fait part de son expérience à ce sujet lors d’un stage qu’il avait effectué au Japon : il a voulu donner un congé maladie à un patient japonais qui a non seulement refusé mais qui n’est pas arrivé à comprendre pourquoi le médecin lui proposait un congé alors qu’il était apte à reprendre son travail, entre parenthèses, le patient s’est sentit contrarié ! Entre les deux patients, il n’y a pas seulement milles lieues par les mers... Deux êtres humains de même constitution anatomique, ayant les mêmes mécanismes physiologiques mais si différents… Question de cultures ? Bon disons le, l’exemple japonais est quant même assez extrême ; les japonais forment une exception mondiale ; leur histoire, leur économie, la topographie de leur pays, ont fait de ce peuple une pointure dans l’art du travail, du dévouement… Une mentalité si précieusement héritée qui fait que ce peuple est admiré par toute la voie lactée. Mais le tunisien grâce à sa mentalité est aussi, à sa manière, un phénomène. A la recherche des causes profondes de cet état d’esprit plusieurs facteurs peuvent être incriminés : -Citons en premier lieu les conditions météorologiques incitants aux promenades et aux longues siestes sous le soleil ; -En second lieu, la manière bien tunisienne de voir les choses, qui n’accepte pas le trop : il ne faut pas être trop propre et rangé : mwaswes, il ne faut pas trop bosser : me7rath, il ne faut pas être trop gentil : yetmasken ou khbith, … et les exemples abondent. Cette manière de voir les choses serait sans doute l’héritage du brassage culturel ; qui fait que les personnes adoptent la méfiance et la ruse dés leur plus jeune âge… Une forme d’adaptation sans pareil à tout ce qui pourrait ou pas arriver ; une acceptation de tout et de rien ; en somme une résignation à la « akhta raci ou adhreb » ; désormais phrase clef… Ceci dit, les conditions météorologiques restent le facteur le plus incriminé et le réchauffement planétaire offre à mon avis, un espoir d’évolution…

08 octobre, 2008

La sagesse des fous…

Sbitar Errazi à Mannouba, son immense jardin verdoyant, son extraordinaire cage d’oiseaux, ses allées épurées, ses bancs craquelés… Par les journées ensoleillées, la nature nous envoûte : on s’imagine déjà faire un pique-nique, les pieds dans l’herbe, profiter de cette générosité, vivre pleinement son engouement pour la pureté et la légèreté de ces brises ravissantes, s’exalter en écoutant les récits des oiseaux, le crépitement des nouvelles pousses… « 3andekchi mya ? » « Chnoua ? » « 3andekchi mya ? » On avait oublié qu’on se trouvait dans l’établissement public qui contient le plus grand amoncellement de services psychiatriques de tout le pays ; « 3andekchi mya ? » est la phrase typique, le must que chaque visiteur des lieux rapporte ; Vous aurez beau être discret, un des patients trouvera toujours le moyen de vous aborder pour : vous dire bonjour, vous demander en mariage, vous proposer un plan, vous parler d’un problème, vous chanter une chanson… mais plus fréquemment pour vous demander « mya ». Plusieurs personnes s’arrêtent, prennent la peine d’ouvrir leur sac, de chercher dans leur porte feuilles, dans leurs poches… pour satisfaire cette demande toujours renouvelée ; d’autres refusent de peur d’être agressés ou parce qu’ils n’ont tout bonnement pas de pièces de monnaies de 100 millimes… À la longue on s’y habitue, on n’est plus gêné, on rigole même avec certains patients à qui on paye un café… Errazi est vraiment un monde à part, ou plusieurs personnes coupées du monde de part leur pathologie mentale et de leur incapacité de s’adapter à la société de consommation, se retrouvent dans un havre de paix propice à la relaxation et à l’oubli… Un coin de ce pays qui reste non régit par les intérêts et les bénéfices… enfin, c’est ce que je croyais, du moins jusqu’à hier ! « Okhti, okhti… » Je souris tendrement en pensant : « voilà une autre demande de prêt » « n3am » « 3andekchi dinar ?» « heuu… » Dinar fard el marra ! Mais qu’est ce qui les prend ? … J’ai passé toute la journée à y penser ; « 3andekchi dinar ? » résonnait inlassablement dans mes oreilles… « 3andekchi dinar ?», la demande s’est multipliée par dix d’un coup à l’image du prix du baril de pétrole ; « 3andekchi dinar ? », la carapace avec la quelle se protége le monde des ‘fous’ s’est fissurée ; « 3andekchi dinar ? », le monde des ‘sages’ pollue le monde des ‘fous’ ; « 3andekchi dinar ? », les ‘fous’ subissent l’inflation économique des ‘sages’ ; « 3andekchi dinar ? », les ‘fous’ s’y accommodent ; Wenti 3andekchi dinar ?

03 octobre, 2008

Qu’est ce qu’on gagne à arrêter de fumer ?

(ancienne affiche publicitaire pour le tabac) L’arrêt du tabac, s’il suscite bien de difficultés, réserve souvent de bonnes surprises. Quelle que soit la quantité de tabac consommée et aussi longtemps qu’on ait fumé, il n’est jamais top tard pour arrêter et les bénéfices de l’arrêt du tabac interviennent presque immédiatement : -20minutes après la dernière cigarette : la pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales. -8heures après la dernière cigarette : la quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L’oxygénation des tissus redevient normale. -24heures après la dernière cigarette : Le risque d’infarctus du myocarde diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine. -48heures après la dernière cigarette : Le goût et l’odorat s’améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser. -72heures après la dernière cigarette : Respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique. -2semaines à 3 mois après la dernière cigarette : La toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement. -1 à 9 mois : Les cils bronchiques repoussent et on est de moins en moins essoufflé. -1 an après : Le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié. -10 à 15 ans après la dernière cigarette : L’espérance de vie devient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé. Se sent-on vraiment mieux sans cigarettes ? Arrêter de fumer permet de retrouver le calme intérieur. Etonnant, n’est-ce pas ? Pourtant de nombreuses personnes font cette constatation à l’arrêt du tabac. Une explication s’impose : loin d’apaiser le ressentis physique du stress, la nicotine en augmente l’effet. Par exemple, lorsqu’une personne fume, ses pulsations cardiaques sont plis rapides et sa pression artérielle augmente. C’est bien pour cela que la nicotine est une molécule classée parmi les substances excitantes, et non pas parmi les substances calmantes. Arrêter de fumer demande un gros effort de la part du fumeur qui peut considérer sa réussite avec fierté.

l’ANTI-ŒDIPE

l’ANTI-ŒDIPE de Gilles Deleuze et Félix Guattari est un essai sur le capitalisme et la schizophrénie qui nous propose une analyse très logique et fort appréciable de la psychologie et la sociologie humaine. Le livre se présente en deux tomes, avis aux amateurs de la philosophie ; à lire d’urgence.

19 août, 2008

La métamorphose de KAFKA

« Elle danse sur des parquets immenses aussi luisants qu’un lac… » Cette chanson de Francis Cabrel me revient à l’esprit en pensant à ce livre ; Cette petite fille, qui, porteuse d’un handicap moteur, se plait à rêver qu’elle danse… Ce corps qui l’emprisonne et dont elle se détache par l’esprit pour se retrouver prisonnière à la fin de ses rêveries qui ne dureront d’ailleurs, jamais assez… Ce même conflit de l’esprit avec le corps ou du corps avec l’esprit se retrouve dans «La métamorphose » de KAFKA ; Gregor Samsa se lève un beau matin transformé en cancrelat ! Ce corps étranger qu’il ne sait manier au début l'asservit, ce conflit entre l’esprit et la matière provoque une frustration inégalée ; Pas de « comment ?» ni de « pourquoi ?», KAFKA laisse le lecteur poser ces questions à sa place et n’y répond pas… Est-ce un cauchemar ? une réalité ? une hallucination ? On ne saurait dire ! Tout est flou, incertain, angoissant… Et jusqu’à la fin de ce roman, on attendra vainement l’événement qui apportera un sens ou une logique ; Gregor et sa famille essayent de s’accommoder à cette nouvelle situation et la métamorphose de l’esprit induite par cette condition physique est entamée, mais à quel prix ! Les relations changent, les sentiments se dissipent et l’esprit n’étant que le résultat de son environnement régresse cruellement… Coupé du monde extérieur, Gregor sombre, jusqu’au jour ou la dépression humaine tue la bête… Finalement, l’esprit ne peut être maître de la matière -corollaire légitime des interactions avec l’environnement, il peut s’y adapter, du moins essayer de ne pas aller à l’encontre de ce qu’elle implique, mais ne pourra jamais la dominer, même si à un moment donné, il croit le faire… Cette réclusion mentale, beaucoup plus despotique que celle du corps, entravait toute communication ; Gregor était incapable de cerner les événements et n’avait donc aucun moyen de s’y adapter ; KAFKA le mentionne d’ailleurs constamment, lui aurait-on parlé, l’aurait-on informé… tout aurait pu se passer autrement, peut être aurait-il pu apporter un plus… Mais non, sa condition de bête l’en empêchait… On ne refusait pas de l’écouter, ceci n’a tout bonnement pas effleuré leurs esprits, réduit morphologiquement à un être « inférieur », il perdait à leurs yeux toute capacité de raisonner… Ceci n’est pas un récit fantastique, c’est une parodie du monde ou il suffit d’avoir un critère d’infériorité pour être marginalisé…